14 March 2026
2026/03/11 - 22:20
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Communiqué de presse du service de la diplomatie publique de l’Ambassade – N 12

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Le Service de la diplomatie publique de l’Ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite porter à la connaissance des médias et de l’opinion publique les éléments suivants, au douzième jour de l’agression militaire américano-israélienne contre l’Iran.

  1. Guerre psychologique et aveu d’échec stratégique

Selon des révélations publiées dans la presse israélienne, des responsables à Tel-Aviv et à Washington ont élaboré un plan visant à exploiter la fin de la guerre pour accélérer un éventuel « changement de régime » en Iran, tout en reconnaissant qu’un tel scénario pourrait ne jamais se produire ou n’intervenir que plusieurs semaines ou mois après la fin des hostilités. Des analyses relayées par des experts occidentaux soulignent que les objectifs réels de cette guerre dépassent le champ militaire classique et visent entre autres à affaiblir la capacité de l’État iranien à contrôler et à administrer sa société.

Or, douze jours après le début de l’agression, même des médias israéliens reconnaissent que la soi-disant « euphorie » initiale des autorités israélienne a laissé place à la déception, l’Iran demeurant stable, sans soulèvement interne ni effondrement institutionnel, et les dirigeants israéliens préparant désormais leur opinion à une issue de guerre sans changement de pouvoir à Téhéran. Plusieurs observateurs, y compris au sein du Congrès américain, admettent que les objectifs fixés au départ – destruction du programme nucléaire, renversement du système politique, brisure de la cohésion sociale iranienne – ne peuvent être atteints dans le cadre actuel, sauf au prix d’une intervention terrestre catastrophique que même les responsables américains jugent inenvisageable.

  1. Propagande, mensonges et tentatives de diversion

Dans ce contexte d’impasse stratégique, l’administration américaine et certains médias tentent de recourir à une guerre informationnelle de plus en plus grossière. La Maison-Blanche a ainsi prétendu que l’Iran aurait planifié une attaque imminente contre les États-Unis, déclarant que « Trump n’avait pas l’intention de le permettre » – une affirmation rejetée comme un « mensonge pur et simple » par le ministre iranien des Affaires étrangères, qui y voit une tentative de justifier l’opération militaire baptisée « Énorme erreur » par lui.

En parallèle, des campagnes médiatiques cherchent à présenter comme une « fuite héroïque » le maintien en Australie de quelques jeunes joueuses iraniennes de football, alors même que la grande majorité de l’équipe a refusé les pressions pour faire défection et a confirmé son retour en Iran. Alors que tout Iranien est libre de quitter le pays, et qu’il existe même des pays voisins de l’Iran comme la Turquie, l’Arménie etc., qui n’exigent aucun visa pour les ressortissants iraniens, cette mise en scène médiatique, apparaît d’autant plus artificielle. Une telle narration est tout simplement ridicule et relève d’une production purement hollywoodienne, sans rapport avec la réalité des possibilités de mobilité des citoyens iraniens.

  1. Escalade verbale américaine et banalisation du crime

Le président des États-Unis a multiplié les déclarations bellicistes, allant jusqu’à se vanter, lors d’un discours, que son ministre de la Guerre aurait préféré couler la frégate iranienne Dena (frégate non armée dont l’équipage était constitué de marins en formation) « pour se divertir » plutôt que de la capturer, reconnaissant ainsi explicitement un crime de guerre commis « pour le plaisir » contre un navire en mission d’entraînement à plus de 2 000 miles des eaux iraniennes. Les corps de 84 marins iraniens, tombés en martyrs dans cette attaque, sont en cours de rapatriement, ceux de 20 autres restant portés disparus.

Dans un autre message, le président américain a menacé de lancer une attaque « 20 fois plus puissante », promettant de détruire des cibles « facilement vulnérables » et de rendre « pratiquement impossible la reconstruction de l’Iran en tant qu’État », des propos qui s’apparentent à une incitation à la destruction massive d’un pays membre de l’ONU et de ses infrastructures civiles. De telles déclarations, qui banalisent la violence extrême et l’anéantissement d’un État souverain, s’inscrivent en violation flagrante de la Charte des Nations unies et des Conventions de Genève, et contribuent à une dangereuse normalisation du discours génocidaire.

  1. Attaques contre les civils, les diplomates et le droit international

Les bombardements américano-israéliens continuent de viser de manière répétée des quartiers résidentiels et des infrastructures civiles en Iran. Selon le ministère iranien de la Santé, plus de 15 000 citoyens ont été blessés depuis le début de la guerre, dont 1 682 restant hospitalisés, tandis que le Croissant-Rouge fait état de près de 19 734 unités non résidentielles et d’habitations civiles endommagées, incluant plus de 16 000 logements, des écoles, des centres de soin et des installations du Croissant-Rouge.

Dans la nuit écoulée, plusieurs frappes ont touché des immeubles d’habitation à Téhéran, Tabriz, Ahvaz, Kerman, Fardiss et d’autres localités, faisant de nombreux martyrs, parmi lesquels des femmes, des enfants et des étudiants. Des installations médicales, des unités d’urgence, des pharmacies, des établissements scolaires et même des bâtiments bancaires ont été visés, plusieurs ambulances et équipements de secours ayant été détruits ou gravement endommagés.

D’autre part une frappe israélienne contre un hôtel à Beyrouth a causé la mort de quatre diplomates iraniens quelques jours après que l’armée israélienne a publiquement menacé de cibler les représentants officiels de l’Iran au Liban, ce qui constitue une violation manifeste de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires et un dangereux précédent.

  1. Catastrophe écologique en Iran et silence des « champions de l’écologie »

Les frappes répétées contre les dépôts pétroliers autour de Téhéran ont provoqué une catastrophe environnementale sans précédent, avec d’immenses panaches de fumée au-dessus de la capitale et d’une forte odeur de brûlé, confirmant les alertes de l’Organisation mondiale de la santé sur les risques graves pour la santé publique.

Des spécialistes en épidémiologie environnementale décrivent une pollution avec des effets immédiats sur les poumons et des conséquences durables en termes de risque de cancers et de maladies chroniques.

Par ailleurs des « pluies noires » ont été observées à Téhéran, entraînant des risques d’empoisonnement de l’air, de l’eau et de l’ensemble de la chaîne alimentaire pour des millions d’habitants.

Une nouvelle fois, il faut souligner que nombre de responsables politiques, dans les pays occidentaux, qui se posent en porte‑voix de la cause environnementale et comptent parmi les plus virulents critiques de l’Iran au nom d’un prétendu souci du peuple iranien, gardent le silence lorsque les attaques israéliennes mettent simultanément en péril l’écosystème et la santé de millions d’Iraniens.

  1. Limites de la machine de guerre américano-israélienne et crise dans le détroit d’Ormuz

Les performances réelles de la défense antimissile américano-israélienne face à la riposte iranienne révèlent des limites pour les agresseurs. Pendant les 3 premiers jours de conflit contre l’Iran, près de 800 missiles intercepteurs auraient été lancés ; cela illustrant en plus du coût exorbitant, la pression extrême exercée sur les stocks américano-israéliens.

La marine américaine, de son côté, a refusé les demandes quasi quotidiennes d’escortes militaires dans le détroit d’Ormuz, jugeant les risques « trop élevés » et admettant ne pas être en mesure d’y garantir la sécurité de la navigation.

  1. Réponse militaire iranienne

Face à l’escalade des attaques contre ses civils et ses infrastructures, la République islamique d’Iran poursuit une réponse militaire graduée, ciblée et assumée comme défensive, en évitant de porter atteinte aux civils.

Les forces armées iraniennes ont ainsi intensifié leurs frappes de missiles et de drones contre des bases militaires israéliennes et américaines.

Selon les autorités militaires iraniennes, plusieurs systèmes de défense antimissile avancés, dont des batteries THAAD stationnées hors du territoire américain, ont été détruits, tandis que des drones militaires Hermes‑900 ont été abattus au-dessus de plusieurs provinces iraniennes.

Dans une série d’opérations successives, les forces iraniennes ont ciblé un centre de réception de données des satellites espions « Ofek » près de Tel-Aviv, des sites militaro-industriels à Haïfa, le centre de communications satellitaires Ha’ela au sud de Tel-Aviv, ainsi que des bases américaines dans la région.

Les communiqués des forces armées iraniennes soulignent que seule une fraction de la «banque de cibles» iranienne a été utilisée et que le volume de cibles disponibles pour l’Iran serait dix fois supérieur à celui de ses adversaires.

Selon des sources militaires iraniennes, de vastes opérations de drones ont été lancées depuis hier, après la destruction à grande échelle de nombreux systèmes de défense aérienne adverses. L’Iran est ainsi entré dans une nouvelle phase consistant à engager des essaims de drones contre des objectifs préalablement identifiés, avec pour but d’augmenter le taux de pénétration et de destruction des cibles militaires ennemies.

  1. La guerre des infrastructures et la dissuasion iranienne

Considérant la multiplication récentes des attaques israélo-américaines contre les infrastructures civiles et les services publics, dont les dépôts pétroliers, les centres de production d’électricité, les banques, les hôpitaux et autres infrastructures vitales qui touchent directement la vie quotidienne des iraniens, les autorités du pays, y compris le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, ont mis en garde contre toute tentative israélienne ou américaine de systématiser les frappes contre les infrastructures, avertissant qu’en cas d’« entrée dans une guerre d’infrastructures », les installations des agresseurs seraient frappées sans exception, selon une logique de « œil pour œil ».

Des analyses publiées en Iran rappellent que le rapport de forces structurel dans une « guerre des infrastructures » est défavorable à Israël. La différence d’échelle territoriale, la dispersion des infrastructures sur le vaste territoire iranien et, à l’inverse, la forte concentration des sites stratégiques israéliens rendent ce dernier beaucoup plus vulnérable dans un conflit prolongé ciblant l’énergie, les télécommunications, les réseaux de transport et les installations militaires.

  1. Crise énergétique, marchés financiers et double discours occidental

La déstabilisation du détroit d’Ormuz et les frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes ont déjà provoqué une hausse sensible des prix du pétrole et des carburants, affectant directement l’économie mondiale et les consommateurs.

Tout en imposant à l’Iran des sanctions unilatérales de longue date, l’administration américaine a dû assouplir certaines mesures contre d’autres pays pour tenter de contenir la flambée des prix, reconnaissant de facto l’impact systémique de son agression contre l’Iran.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, a dénoncé les « fausses nouvelles » publiées par les responsables américains dans le but de manipuler les marchés, avertissant que ces artifices ne les protégeront pas du « tsunami inflationniste » qu’ils ont eux-mêmes déclenché. Dans le même temps, les autorités iraniennes rappellent que la sécurité dans le Golfe persique ne peut être durable que par une coopération inclusive entre États riverains, sans ingérence ni bases militaires étrangères, et ont réaffirmé qu’aucune hostilité n’est dirigée contre les pays du Golfe persique qui ne participent pas à l’agression américano-israélienne.

  1. Mobilisation populaire et résilience du peuple iranien

Malgré l’intensification des bombardements, de vastes rassemblements populaires continuent de se tenir en Iran pour condamner l’agression américano-israélienne et soutenir l’Etat et les forces armées du pays. À Téhéran et dans de nombreuses grandes villes, des cortèges massifs ont défilé pour rendre hommage aux martyrs, dénoncer les crimes de guerre et manifester leur détermination à défendre la souveraineté nationale.

Des chaines de télévision européenne ont diffusé en direct les images de ces rassemblements, des commentateurs reconnaissant avec étonnement qu’« un autre peuple aurait fui » sous de tels bombardements, tandis que les Iraniens «restent debout et scandent des slogans», démentant ainsi le narratif d’un peuple « paralysé » ou prêt à se soulever contre son propre État.

Parmi les images les plus poignantes d’aujourd’hui à Téhéran lors de la cérémonie de funérailles des martyrs de l’agression israélo-américaines, figure celle de deux sœurs iraniennes âgées de deux mois et sept ans, dont les décès illustrent le coût humain insupportable de cette guerre injuste.

  1. Tentatives diplomatiques et absence de stratégie de sortie

Sur le plan diplomatique, plusieurs capitales régionales et internationales – dont Le Caire, Pékin, Moscou et Doha – ont intensifié leurs contacts pour tenter d’esquisser les contours d’une désescalade. Le président russe Vladimir Poutine et d’autres dirigeants ont insisté sur la nécessité de freiner l’escalade et d’ouvrir la voie à une solution politique.

Dans le même temps, des médias internationaux révèlent un « pessimisme croissant » au sein de l’administration américaine en raison de l’absence de véritable stratégie de sortie, tandis que des analystes proches d’Israël reconnaissent que le « changement de régime » n’est plus une option et que les scénarios de soulèvement interne, de « carte kurde » ou d’effondrement rapide se sont avérés illusoires.

  1. Position de l’Iran : défense légitime, fermeté et approche responsable

Les autorités iraniennes réaffirment que l’Iran n’a pas initié les hostilités et qu’il exerce son droit légitime à l’autodéfense, tel que reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations unies. Elles soulignent que la poursuite des attaques américano-israéliennes contre les civils, les infrastructures vitales, le patrimoine culturel et l’environnement ne fera qu’élargir la portée de la riposte iranienne et prolonger une crise dont les coûts sont déjà mondiaux.

Le peuple iranien, uni autour de ses institutions légitimes et fort d’une mobilisation populaire massive, continuera de résister à la guerre militaire, économique et informationnelle qui lui est imposée.

 

Service de la diplomatie publique

Ambassade de la République islamique d’Iran – Paris

 11 Mars 2026

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