Communique de presse du service de la diplomatie publique de l’Ambassade – N 63
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Au quatre-vingt-dix-septième jour du début de l’agression militaire des États-Unis et du régime sioniste contre la République islamique d’Iran, le Département de la diplomatie publique de l’Ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite porter à l’attention des médias et de l’opinion publique les éléments suivants :
Aperçu général des événements des derniers jours
Depuis le début de l’agression militaire des États-Unis et du régime sioniste contre la République islamique d’Iran, et à la lumière des développements observés au cours des trois derniers jours, il apparaît que la région de l’Asie occidentale et du golfe Persique est entrée dans une phase d’escalade maîtrisée mais extrêmement risquée. Cette phase se caractérise par un dépassement du stade des menaces et de la dissuasion pour évoluer vers des actions militaires réciproques, des frappes de représailles et de graves perturbations de la sécurité maritime dans le golfe Persique et la mer d’Oman, imputées aux forces militaires américaines déployées dans la région. Dans ce contexte, les attaques menées contre des pétroliers par les États-Unis et les réponses de l’Iran, conjuguées à l’extension des tensions à plusieurs pays de la région ainsi qu’au Liban, indiquent que la crise actuelle s’oriente de nouveau vers une confrontation régionale active.
Sur le plan politique, les autorités iraniennes ont exprimé sans ambiguïté leur opposition aux actions menées par Israël et les États-Unis, notamment contre le Liban et le Hezbollah, ainsi que contre la Syrie et la Palestine. Les déclarations du Président du Parlement, du porte-parole du ministère des Affaires étrangères et du vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques témoignent de la conviction de Téhéran que les évolutions au Liban, en Syrie et en Palestine s’inscrivent dans une même crise régionale, les États-Unis étant considérés comme un partenaire direct des actions israéliennes. Dans le même temps, l’accent est mis sur le maintien de la cohésion nationale, le renforcement des capacités de dissuasion et la poursuite de la politique de résistance face aux agressions israéliennes et américaines contre les pays de la région.
Dans le domaine militaire, l’évolution la plus significative concerne l’intensification des tensions dans le détroit d’Ormuz et sur les principales routes énergétiques stratégiques. Les informations diffusées font état d’une attaque menée contre un pétrolier iranien par les forces américaines, suivie d’une riposte du Corps des gardiens de la Révolution islamique visant des bases américaines dans la région, ainsi que de l’activation de systèmes de défense aérienne dans plusieurs pays voisins. Par ailleurs, les avertissements relatifs au détroit de Bab el-Mandeb montrent que le risque d’extension de la crise à d’autres points de passage maritimes essentiels du commerce mondial est en augmentation. Cette situation a placé la sécurité des voies de navigation et du commerce maritime au premier rang des préoccupations des acteurs régionaux et internationaux.
Sur le plan diplomatique, une contradiction manifeste apparaît entre les déclarations visant à contenir la crise et la poursuite des actions provocatrices menées par les États-Unis et Israël. D’un côté, Washington affirme avoir tenté d’empêcher certaines opérations militaires israéliennes contre le Liban et le Hezbollah, sans toutefois parvenir à mettre fin aux agressions ni à obtenir le retrait des forces israéliennes. De l’autre, les pressions exercées contre l’Iran, la poursuite de la coopération de certains États de la région avec Washington dans une logique hostile à Téhéran, ainsi que l’imposition de nouvelles sanctions américaines, s’inscrivent dans une dynamique contradictoire. Parallèlement, l’Iran poursuit ses consultations avec plusieurs pays influents de la région et au-delà afin de préserver les canaux diplomatiques de désescalade, même si le climat général demeure marqué par la méfiance mutuelle et les rivalités sécuritaires.
Les réactions internationales témoignent également d’une inquiétude croissante face aux conséquences du conflit. Aux États-Unis, plusieurs membres du Congrès et sénateurs ont mis en garde contre les coûts économiques et militaires d’une confrontation prolongée avec l’Iran. Dans les autres parties du monde, les préoccupations portent davantage sur les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la hausse des coûts de l’énergie et la vulnérabilité des secteurs industriels face aux restrictions affectant le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Certains analystes occidentaux estiment que la crise actuelle et l’agression sans précédent menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran n’ont pas affaibli la position de ce dernier, mais ont au contraire renforcé le rôle de Téhéran en tant qu’acteur capable d’influencer directement les équilibres sécuritaires et politiques de la région.
Enfin, le marché de l’énergie est devenu l’indicateur le plus révélateur du niveau de gravité de la crise. L’augmentation du risque géopolitique, les perturbations affectant le passage des pétroliers et les inquiétudes liées aux exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis le golfe Persique ont provoqué une forte hausse des prix ainsi qu’une augmentation des coûts de transport et d’assurance. Bien que des efforts aient été entrepris afin d’éviter toute pénurie physique majeure de l’offre, le marché se trouve désormais dans une situation caractérisée par une « offre relativement suffisante mais un accès incertain ». Dans ce contexte, les perspectives à court terme pour la région reposent sur une combinaison de trois facteurs principaux : le maintien de la dissuasion militaire, la poursuite des efforts diplomatiques visant à gérer la crise et l’accroissement des pressions économiques résultant de l’incertitude qui pèse sur les marchés mondiaux de l’énergie.
1. Dernières déclarations des responsables iraniens
Mohammad Bagher Ghalibaf, Président du Parlement
« Lors de mon entretien avec mon frère, M. Nabih Berri, Président du Parlement libanais, j’ai souligné que si les crimes du régime sioniste au Liban se poursuivent, non seulement nous suspendrons le processus de dialogue, mais nous nous tiendrons également aux côtés du Liban face à ce régime.
Vive la Résistance !
Vive la défense de la patrie !
Vive la fraternité entre les peuples iranien et libanais ! »
Esmaïl Baghaei, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères
(Réagissant aux accusations formulées par le secrétaire d’État américain lors d’une audition au Congrès, selon lesquelles l’Iran chercherait à assassiner des responsables américains)
« Chacun juge les autres à l’aune de ses propres méthodes.
Se poser en victime ne saurait blanchir les crimes de guerre atroces, le génocide et les crimes contre l’humanité que vous avez commis contre le peuple iranien. »
M. Kazem Gharibabadi, vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales
Les développements actuels au Liban, en Syrie et à Jérusalem occupée ont mis en lumière une réalité incontestable : la crise régionale n’est pas le résultat de « tensions isolées », mais la conséquence directe des crimes et de l’impunité dont bénéficie le régime sioniste, qui viole la souveraineté des États, alimente l’instabilité et porte atteinte aux lieux saints palestiniens.
Le Conseil de sécurité des Nations unies doit dépasser le stade des simples expressions de préoccupation et des appels généraux à la retenue, et adopter des mesures contraignantes et dissuasives. Le droit international ne peut être protégé par des condamnations symboliques, peu coûteuses et sans effet concret.
Dans ce contexte, l’affirmation du président des États-Unis selon laquelle il aurait dissuadé M. Netanyahou de lancer une attaque majeure contre Beyrouth constitue moins une preuve de la volonté de paix de Washington qu’une confirmation du rôle direct des États-Unis dans la gestion et l’encadrement des agressions du régime sioniste.
Si la décision d’attaquer la capitale d’un État souverain peut être modifiée à la suite d’un simple appel téléphonique, la véritable question est de savoir pourquoi des mois de violations du cessez-le-feu, d’agressions contre le Liban, de déplacements forcés de populations et d’atteintes à la souveraineté de ce pays ont pu se poursuivre avec le soutien politique et militaire des puissances occidentales.
2. Crise dans le détroit d’Ormuz et dans la région
Service des relations publiques de la Marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI)
À la suite de l’attaque agressive menée par l’armée américaine contre le navire iranien Lian Star dans les eaux de la mer d’Oman, le navire MSC Sariska, présenté comme appartenant à l’ennemi américano-sioniste, a été visé par un missile de croisière dans le cadre d’une opération de représailles.
Toute agression menée par l’armée américaine dans la région fera l’objet d’une réponse ferme et résolue.
Relations publiques du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI)
Dans la nuit de mercredi, l’armée américaine a frappé un pétrolier iranien à proximité du détroit d’Ormuz au moyen d’un projectile aérien, causant des dommages à la salle des machines du navire.
En réponse à cette agression et à cette violation des règles régissant la sécurité du détroit d’Ormuz, un navire présenté comme appartenant à l’ennemi américano-sioniste, dénommé Panaya, a été pris pour cible par des missiles de la marine du CGRI. Dans une nouvelle action hostile, les forces américaines ont également visé une tour de télécommunications du CGRI située au sud de l’île de Qeshm. En représailles, une base aérienne et d’hélicoptères américaine située dans l’un des pays de la région, ainsi que le quartier général de la Cinquième Flotte de la marine américaine, ont été ciblés par des frappes de missiles et de drones menées par la Force aérospatiale du CGRI. Nous avions déjà averti que toute agression entraînerait une réponse différente et plus sévère. Nous avons agi conformément à cet avertissement. Ces réponses doivent servir de leçon.
Nous réaffirmons que toute atteinte à la sécurité du détroit d’Ormuz aura un coût élevé pour l’armée américaine agresseuse.
Général Esmaïl Qaani, commandant de la Force Al-Qods du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI)
Les agressions du régime sioniste au Liban et à Gaza, menées sous le couvert du soutien ouvert des États-Unis, renforceront la détermination de l’Axe de la Résistance à accroître son soutien aux deux fronts, à activer d’autres théâtres d’action et à faire en sorte que la situation du trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb soit comparable à celle observée dans le détroit d’Ormuz. Le régime sioniste doit savoir que la poursuite simultanée de ses actions dans le sud du Liban et à Gaza l’exposera davantage aux opérations du Hezbollah et à une nouvelle mobilisation des forces palestiniennes.
Médias irakiens
Des sources locales ont fait état de plusieurs explosions dans le centre de la région du Kurdistan irakien ainsi qu’à proximité des quartiers généraux de groupes séparatistes à Erbil.
Selon ces informations, des positions de groupes séparatistes anti-iraniens situées dans la région de « Darreh Alan » auraient été visées par des frappes aériennes.
3. Actions contribuant à l’escalade des tensions
Président des États-Unis
« J’ai eu un entretien téléphonique très constructif avec le Premier ministre israélien, M. Benyamin Netanyahou. Aucune force ne se rendra à Beyrouth et toutes les unités qui étaient en route ont déjà été rappelées.
De la même manière, par l’intermédiaire de hauts représentants, j’ai eu une très bonne conversation téléphonique avec le Hezbollah. Ils ont accepté de cesser tous les tirs. Israël ne les attaquera pas et ils n’attaqueront pas Israël. »
M. Donald Trump
« Les Iraniens étaient mécontents des attaques israéliennes contre le Liban et j’ai rapidement réglé le problème. Aujourd’hui, un petit incident est survenu, mais je l’ai résolu très vite. Ce petit problème concernait le mécontentement des Iraniens face aux attaques israéliennes contre le Liban.
J’ai donc parlé au Hezbollah et je leur ai dit de ne pas tirer. J’ai également parlé à M. Netanyahou et je lui ai demandé de ne pas tirer. Les deux parties ont alors cessé leurs tirs réciproques. »
M. Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis
« Je pense que nos alliés dans la région ont apporté une coopération importante. Certains d’entre eux ont même coopéré de manière très étroite. Les Émirats arabes unis en sont un exemple. Le Koweït a également apporté une excellente coopération.
Commandement central des États-Unis (CENTCOM)
« Nos forces ont intercepté dans le golfe Persique un pétrolier vide qui faisait route vers l’un des ports iraniens. Le pétrolier intercepté battait pavillon du Botswana et son équipage n’a pas obtempéré aux instructions qui lui avaient été données. Un avion américain a neutralisé le navire en tirant un missile sur sa salle des machines. »
Département du Trésor des États-Unis
Selon un communiqué de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain, quatre personnes physiques et quatre entités liées à l’Iran ont été ajoutées à la liste des sanctions américaines.
4. Lutte contre la propagande, la guerre psychologique, la désinformation et les tentatives de manipulation de l’opinion publique
Ken O’Keefe, ancienne marin américaine
« Je me suis engagé dans les Marines et j’y ai prêté serment, tout en apprenant les règles de conduite que l’on attendait de nous. Cependant, lorsque j’ai choisi de faire ce qui me semblait juste et de m’opposer à des actes illégaux ainsi qu’à des comportements inappropriés, j’ai été sanctionné et soumis à de nombreux mauvais traitements. Cette expérience m’a amené à comprendre qu’il existait également d’autres choses fausses et mensongères que l’on nous racontait. J’ai alors commencé à enquêter davantage pour découvrir la réalité. Ensuite sont venus les dossiers de Gaza puis de l’Iran, que j’ai suivis de près. Le traitement que j’ai subi de la part des forces armées américaines a été un véritable déclic. En affrontant cette réalité, j’ai progressivement pris conscience de nombreux faits, ouvert les yeux sur certaines vérités et c’est pourquoi je me tiens aujourd’hui à vos côtés. »
Donald Trump, dans un entretien accordé à CNBC
« Les alliés de l’OTAN devraient intervenir et nous aider à sortir de cette situation, car ils dépendent davantage que les États-Unis du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz. Si je leur demandais de le faire, ils le feraient, mais je ne suis pas certain de vouloir leur demander une telle chose. »
Cory Booker, sénateur américain
« Nos concitoyens constatent la défaite face à l’Iran lorsqu’ils font le plein de leur véhicule. Vous nous répétez constamment que nous sommes en train de gagner cette guerre. Le président affirme sans cesse que l’Iran a été totalement détruit. Pourtant, la guerre n’est pas terminée.
Les Américains voient clairement, à travers les prix à la pompe et le coût de la vie, qu’ils en subissent les conséquences et que cette situation n’a toujours pas été résolue. »
Jeanne Shaheen, sénatrice américaine
« Les Américains souhaitent avant tout une amélioration de leur situation économique intérieure, et non un changement de régime en Iran.
Vous avez adressé au Congrès une notification au titre des pouvoirs de guerre en affirmant que les États-Unis n’étaient pas engagés dans des hostilités actives contre l’Iran, alors même que des frappes américaines étaient menées contre ce pays et que l’Iran bombardait des ambassades et des bases américaines à travers le Moyen-Orient.
Pourquoi près de la moitié des stocks américains de missiles intercepteurs Patriot ont-ils été consommés ? Pourquoi le détroit d’Ormuz demeure-t-il fermé ? Pourquoi le prix de l’essence a-t-il augmenté de 1,5 dollar ? Pourquoi treize soldats américains ont-ils perdu la vie dans cette guerre contre l’Iran ? »
Chris Murphy, sénateur américain
« Le détroit d’Ormuz est fermé à la suite de notre attaque contre l’Iran, et il s’agit d’une conséquence directe de notre action militaire.
À l’heure actuelle, la seule question qui importe réellement aux Américains est de savoir si le détroit sera rouvert ou non. »
5. Couverture médiatique et analyses des centres de recherche concernant les développements en cours
i24NEWS
L’extension des opérations israéliennes à Beyrouth aurait été menée avec l’aval des États-Unis. Alors que M. Benyamin Netanyahou a ordonné une attaque contre Beyrouth, un responsable américain a indiqué que Washington avait donné son feu vert à Israël pour cette opération.
The Guardian
« La guerre infructueuse menée par Donald Trump contre l’Iran ne lui a apporté aucun résultat tangible. Le président américain se retrouve aujourd’hui revenu à son point de départ et demande à l’Iran d’accepter à nouveau l’accord que Téhéran avait conclu avec l’administration de l’ancien président Barack Obama.
L’accord conclu sous l’administration Obama limitait l’enrichissement d’uranium de l’Iran à 3,67 % et prévoyait le transfert de 11 tonnes d’uranium iranien vers la Russie. Toutefois, en se retirant de cet accord en 2018, Donald Trump a supprimé l’ensemble des restrictions existantes et a, de fait, contribué à ouvrir la voie à un enrichissement atteignant 60 %. »
M. Kenneth Roth, analyste cité par le journal, a estimé que la guerre menée par Donald Trump contre l’Iran n’avait produit aucun résultat tangible pour le président américain. Selon lui, celui-ci se retrouve désormais revenu à son point de départ et demande à l’Iran d’accepter à nouveau un accord similaire à celui conclu avec l’administration de l’ancien président Barack Obama.
L’accord conclu sous l’administration Obama limitait l’enrichissement d’uranium de l’Iran à 3,67 % et prévoyait le transfert de 11 tonnes d’uranium iranien vers la Russie. Toutefois, en se retirant de cet accord en 2018, Donald Trump a supprimé l’ensemble des restrictions existantes et a, selon cette analyse, contribué indirectement à ouvrir la voie à un enrichissement atteignant 60 %.
Thomas Massie, représentant républicain de l’État du Kentucky au Congrès des États-Unis
(Réagissant aux divergences et aux échanges verbaux tendus entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou)
« Tout cela n’est que du théâtre. Il suffit de suspendre pendant un mois l’aide étrangère accordée à Israël : ils cesseront de bombarder leurs voisins. La paix reviendra immédiatement. Le détroit d’Ormuz sera rouvert et le prix de l’essence baissera de deux dollars par gallon. Israël est, et demeure, le principal bénéficiaire des aides financées par les contribuables américains. »
Zohran Mamdani, maire musulman de New York
M. Zohran Mamdani a qualifié d’offensante la participation de M. Bezalel Smotrich à la parade annuelle dite du « Jour d’Israël » à Manhattan et l’a fermement condamnée.
Il a décrit la présence du ministre israélien comme le symbole d’un génocide et d’une implication dans les massacres commis à Gaza, estimant qu’il ne manifestait aucun respect pour le caractère sacré de la vie des enfants de la bande de Gaza. Contrairement à la pratique habituelle, M. Mamdani n’a pas participé cette année à la parade du « Jour d’Israël ».
6. Situation du marché de l’énergie et effets de la crise
Au cours des trois derniers jours, les marchés de l’énergie ont davantage réagi à la prime de risque géopolitique qu’aux fondamentaux classiques de l’offre et de la demande. L’impasse des discussions entre les États-Unis et l’Iran, l’intensification des tensions régionales et les incertitudes persistantes concernant la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz ont contribué à ramener le prix du Brent dans une fourchette comprise entre 95 et 98 dollars le baril.
Les opérateurs intègrent désormais avec une probabilité croissante le scénario d’une perturbation prolongée des exportations énergétiques en provenance du golfe Persique.
Le détroit d’Ormuz demeure le principal facteur déterminant du marché. Ce passage stratégique assure le transit d’environ un quart du commerce maritime mondial de pétrole ainsi qu’une part significative des échanges mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL). Bien que les exportations ne soient pas totalement interrompues, les restrictions de circulation des navires, les opérations de déminage, les inspections de sécurité et l’augmentation des risques militaires ont réduit l’efficacité de la chaîne logistique. Ainsi, même lorsque les volumes physiques de pétrole restent disponibles, leur acheminement vers les marchés de consommation est devenu un véritable goulot d’étranglement opérationnel.
Sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL), la sensibilité à la crise est encore plus élevée que sur le marché pétrolier. Le Qatar, l’un des principaux exportateurs mondiaux de GNL, dépend directement du détroit d’Ormuz pour ses exportations. Toute perturbation du passage des méthaniers exerce donc un impact immédiat sur les prix en Asie et en Europe. Dans un contexte où les capacités excédentaires demeurent limitées, plusieurs analystes estiment qu’une aggravation de la crise pourrait provoquer un choc de prix sur le gaz encore plus important que celui observé sur le pétrole.
Dans le secteur du transport énergétique, les coûts d’assurance liés aux risques de guerre ainsi que les tarifs de fret maritime sont de nouveau orientés à la hausse. Les primes d’assurance appliquées aux grands pétroliers ont fortement augmenté ces derniers mois et toute escalade supplémentaire pourrait accroître de plusieurs millions de dollars le coût de transport de certaines cargaisons. Une part importante de la hausse des prix du pétrole ne résulte donc pas d’un manque physique d’approvisionnement, mais de l’augmentation des coûts logistiques, des assurances et du financement des échanges énergétiques.
Dans l’ensemble, le marché de l’énergie est entré dans une phase où les risques géopolitiques pèsent davantage que les facteurs économiques traditionnels. Si les tensions venaient à diminuer et que les négociations reprenaient, une partie de cette « prime de risque » pourrait rapidement disparaître. En revanche, toute nouvelle perturbation dans le détroit d’Ormuz ou toute extension des hostilités aux infrastructures énergétiques du golfe Persique pourrait entraîner durablement les prix du pétrole au-delà du seuil de 100 dollars le baril, tout en provoquant une forte hausse des prix du GNL et des produits pétroliers raffinés. D’un point de vue technique, le marché se trouve actuellement dans une situation caractérisée par une « offre suffisante mais un accès incertain », configuration généralement associée à une forte volatilité des prix.
ExxonMobil
Selon ExxonMobil, le prix du pétrole pourrait atteindre 160 dollars le baril dans les semaines à venir en raison de la diminution continue des stocks disponibles. Un haut responsable du groupe a indiqué que les niveaux de réserves se rapprochaient de seuils historiquement bas, précisant que les stocks se situaient à des niveaux « extrêmement, extrêmement faibles ». Selon cette analyse, la combinaison d’un contexte géopolitique tendu, d’une contraction des stocks stratégiques et de possibles perturbations durables des flux énergétiques pourrait exercer une pression supplémentaire sur les marchés mondiaux de l’énergie.
7. Efforts diplomatiques
Entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères de l’Iran et de l’Égypte
MM. Seyed Abbas Araghchi et Badr Abdelatty ont eu un entretien téléphonique au cours duquel ils ont examiné les derniers développements régionaux ainsi que les initiatives diplomatiques en cours visant à réduire les tensions et à préserver la stabilité en Asie occidentale.
Entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères de l’Iran et de l’Arabie saoudite
MM. Seyed Abbas Araghchi et Fayçal ben Farhane ont échangé leurs points de vue sur les dernières démarches diplomatiques engagées en vue de réduire les tensions en Asie occidentale et de contribuer au maintien de la stabilité régionale.
Message du ministre des Affaires étrangères de la République à son homologue azerbaïdjanais
La République islamique d’Iran et la République d’Azerbaïdjan ont toujours entretenu des relations amicales fondées sur le respect mutuel, puisant leurs racines dans les profondes valeurs historiques, religieuses et culturelles qui unissent nos deux peuples voisins et musulmans.
Les dirigeants des deux pays ont constamment œuvré avec détermination et sans relâche à la réalisation des aspirations et des attentes de leurs peuples respectifs. En conséquence, les relations bilatérales ont progressé de manière continue sur la voie du développement et du progrès.
Je me réjouis de constater que cette dynamique positive de coopération se renforce davantage et s’accélère, englobant un nombre croissant de questions et d’intérêts communs aux niveaux bilatéral, régional et international.
Service de la diplomatie publique
Ambassade de la République islamique d’Iran en France