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Au cent sixième jour de l’agression militaire des États-Unis et du régime sioniste contre la République islamique d’Iran, le Service de la diplomatie publique de l’Ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite porter à la connaissance des médias et de l’opinion publique les éléments suivants :
perçu général des événements des derniers jours
Au cours des dernières vingt-quatre heures, la situation politique et sécuritaire dans la région est entrée dans une nouvelle phase de tensions. La nouvelle agression américaine contre certaines zones du sud de l’Iran, les initiatives politiques de plusieurs pays occidentaux au sein de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’intensification de la guerre des récits menée par Washington constituent les trois principaux axes des développements récents. Parallèlement, le dossier nucléaire, la sécurité du détroit d’Ormuz et les marchés mondiaux de l’énergie sont désormais plus étroitement liés que jamais.
Sur le plan intérieur, les plus hautes autorités de la République islamique d’Iran ont fermement condamné les nouvelles agressions américaines et réaffirmé leur pleine détermination à répondre de manière proportionnée à toute action hostile. L’Iran considère les attaques contre les infrastructures vitales comme un signe de désarroi et a averti que des décisions aventureuses et erronées pourraient entraîner une crise majeure affectant les infrastructures énergétiques et les marchés mondiaux, plongeant la région dans un « marécage sans fin ».
Dans le domaine diplomatique, la République islamique d’Iran tient les États-Unis pour responsables de la violation du cessez-le-feu et de l’aggravation de l’insécurité régionale. Téhéran souligne également que les attaques contre les installations nucléaires et les infrastructures civiles iraniennes ne doivent pas être écartées de l’agenda des institutions internationales. Dans le même temps, plusieurs contacts diplomatiques ont été engagés par l’Union européenne ainsi que par différents médiateurs avec les autorités iraniennes.
Parmi les développements récents figure l’adoption d’une résolution anti-iranienne par le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, avec le soutien des États-Unis et de trois pays européens. Téhéran qualifie cette résolution d’initiative politique visant à transférer la responsabilité de la crise de l’agresseur vers la victime et avertit qu’une telle approche risque de porter gravement atteinte à la crédibilité et à l’impartialité de l’Agence.
Sur le plan militaire, les tensions se sont étendues aux infrastructures stratégiques et aux voies de communication régionales. La question de l’attaque contre les installations d’eau potable desservant la population de Sirik, les frappes de drones réciproques, la saisie par les États-Unis d’un pétrolier lié à l’Iran ainsi que les avertissements mutuels concernant la sécurité maritime montrent que la crise pourrait prendre une dimension opérationnelle et économique beaucoup plus large.
Le détroit d’Ormuz demeure au centre des développements actuels. Alors que certaines informations font état de sa fermeture et de restrictions à la circulation des navires, des sources américaines affirment que le trafic maritime se poursuit normalement. Cette divergence de récits contribue à alimenter l’incertitude sur les marchés internationaux.
Sur la scène internationale, des divergences croissantes apparaissent quant à la politique américaine. Plusieurs analystes américains et européens évoquent une érosion de la crédibilité stratégique de Washington, les limites de ses capacités militaires et le renforcement du rôle dissuasif de l’Iran. Par ailleurs, des sondages réalisés en Europe font état d’un recul sans précédent de la confiance de l’opinion publique envers les États-Unis en tant que partenaire de sécurité fiable et crédible.
Sur le plan économique, les principales répercussions de la crise se manifestent dans les secteurs de l’énergie et du transport mondial. L’augmentation des risques dans le golfe Persique a entraîné une hausse des primes d’assurance maritime, une volatilité accrue des prix du pétrole et des inquiétudes concernant les exportations énergétiques. Dans le même temps, plusieurs rapports font état de pertes de plusieurs milliards de dollars pour l’industrie aéronautique mondiale, d’une augmentation des coûts du carburant et d’un renforcement de l’incertitude sur les marchés internationaux.
1. Dernières déclarations des responsables iraniens
Massoud Pezeshkian, président de la République islamique d’Iran
Les infrastructures vitales sont les artères de la vie de la population. Menacer de les prendre pour cible, qu’il s’agisse des réseaux de transport, du secteur de l’électricité ou de l’approvisionnement en eau, ne constitue pas une démonstration de puissance, mais plutôt un signe d’impuissance face à la volonté d’une nation.
L’Iran, en s’appuyant sur le savoir-faire et les capacités de ses experts, sur l’unité nationale et sur la solidarité de son peuple, demeurera ferme face à toute pression et à toute menace.
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement
Les stratégies erronées et les décisions irréfléchies ramènent le jeu à son point de départ de manière catastrophique ; elles conduisent à l’explosion des infrastructures énergétiques et des marchés et créent un marécage sans fin dans lequel vous resterez piégés pendant des années.
Kazem Gharibabadi, vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales
Les nouvelles attaques américaines contre des objectifs situés sur le territoire iranien constituent une nouvelle preuve d’une agression manifeste contre la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et la sécurité nationale de la République islamique d’Iran. Elles représentent également une violation flagrante et une remise en cause totale du cessez-le-feu.
Qualifier ces attaques de « légitime défense », comme l’a fait l’organisation terroriste CENTCOM dans son communiqué, n’a aucune valeur juridique. En droit international, l’agresseur ne peut échapper aux conséquences de ses actes en changeant simplement leur appellation ; une agression militaire ne devient pas légitime par un simple jeu de mots.
Les forces armées courageuses et dévouées de la République islamique d’Iran, s’appuyant sur la volonté du grand peuple iranien, feront face à toute agression et défendront chaque parcelle du territoire national par une réponse ferme, puissante et dissuasive. Les conséquences de ces actes illégaux et dangereux incomberont pleinement aux États-Unis ainsi qu’à toute partie qui y participerait, les faciliterait ou leur apporterait son soutien.
« Il voulut alors les chasser de cette terre ; mais Nous l’engloutîmes, lui et tous ceux qui étaient avec lui. » - (Sourate Al-Isra, verset 103)
Esmail Baghaei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères
« L’eau est le pouls de la vie » et les États-Unis ont pris pour cible le pouls vital des Iraniens.
Dans la poursuite de leurs agressions contre l’Iran, les États-Unis ont attaqué la nuit dernière des infrastructures vitales d’approvisionnement en eau à Sirik, dans la province d’Hormozgan, frappant des installations qui fournissaient de l’eau à plus de 20 000 personnes.
La destruction de deux réservoirs d’eau d’une capacité totale de 2 500 mètres cubes et la privation d’eau potable pour dix villages constituent un crime de guerre manifeste ainsi qu’une violation flagrante des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Les dirigeants américains doivent être tenus pour responsables et sanctionnés pour ces actes criminels commis contre les infrastructures vitales de l’Iran.
Esmail Baghaei
« La grande erreur de presque toutes les études sur la guerre, une erreur que l’on retrouve également chez la plupart des historiens, consiste à considérer la guerre uniquement comme un élément de la politique étrangère, alors qu’en particulier dans la politique intérieure, elle est la plus terrible de toutes les choses. » - Simone Weil, philosophe française
Sous cet angle, l’attaque américaine contre les infrastructures d’approvisionnement en eau potable à Sirik, dans la province d’Hormozgan, constitue l’un de ces moments où la véritable nature du pouvoir se révèle. Une puissance qui, pendant des décennies, s’est dissimulée derrière les notions de « droits de l’homme », d’« ordre international » et de « responsabilité morale », dévoile aujourd’hui sa réalité lorsqu’elle prend délibérément pour cible les infrastructures d’eau potable des Iraniens. À cet instant, elle ne s’attaque pas seulement à une cible matérielle ; elle porte également atteinte au récit fondateur et idéaliste sur lequel elle prétend reposer.
Les empires ne s’effondrent pas lorsque leurs ennemis deviennent plus puissants ; ils s’effondrent lorsqu’ils ne sont plus capables d’établir un lien entre ce qu’ils proclament et ce qu’ils font.
Le moment décisif du déclin n’est pas celui où les murailles des forteresses s’écroulent, mais celui où la réalité qu’elles dissimulaient apparaît au grand jour. Ce qui subsiste alors est ce que T. S. Eliot a décrit comme :
« Une forme sans contour,
une ombre sans couleur,
une force paralysée,
un mouvement sans élan. »
Esmail Baghaei
Les attaques brutales menées par les États-Unis contre des navires commerciaux indiens, qui ont causé la mort d’au moins trois citoyens indiens, sont la conséquence directe de la politique américaine de piraterie maritime et de brigandage armé.
Nous exprimons notre solidarité avec les familles et les proches des marins indiens tués et adressons nos condoléances au peuple et au gouvernement de l’Inde.
La communauté internationale doit demander des comptes aux États-Unis pour ce comportement contraire au droit, qui constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales et met en péril la liberté de navigation.
Mission permanente de la République islamique d’Iran auprès des Nations unies
Attaques sans précédent contre les installations nucléaires iraniennes : Depuis juin 2025, les États-Unis et le régime israélien ont mené dix-sept vagues d’attaques contre les installations nucléaires pacifiques iraniennes et ont assassiné dix-sept scientifiques iraniens ainsi que des membres de leurs familles.
Le prétexte nucléaire comme couverture d’une agression préméditée : L’Agence n’a jamais présenté le moindre rapport faisant état du détournement d’un seul gramme de matière nucléaire en Iran. Les objectifs déclarés de la guerre — « détruire l’Iran et s’emparer de son pétrole et de son gaz » — démontrent que vingt-cinq années de vérification n’ont servi que de prétexte à la justification d’une agression.
Crise de confiance et de légitimité de l’AIEA : L’Agence est confrontée à une profonde crise de confiance et de légitimité. Elle n’a même pas été capable d’exprimer une simple préoccupation face à des attaques sans précédent contre des installations placées sous garanties, tandis que son indépendance se trouve prisonnière d’un cercle vicieux de financements à caractère politique.
Instrumentalisation des résolutions du Conseil des gouverneurs pour justifier l’agression : Les deux agressions ont été commises après l’adoption de résolutions proposées par les États-Unis et trois pays européens. Les agresseurs ont utilisé le vote des soutiens de ces résolutions « juridiquement viciées » pour justifier leurs attaques et la mort de milliers de citoyens iraniens.
Mise en garde de l’Iran aux membres du Conseil concernant la nouvelle résolution : Le projet de résolution actuel a été présenté par un État agresseur et soumis avec des « intentions malveillantes ». L’Iran a déclaré qu’il n’hésiterait pas à utiliser tous les moyens nécessaires pour défendre ses droits inhérents, sa souveraineté et sa sécurité nationale.
Une solution diplomatique exige la bonne foi : Le prétendu soutien de ce texte à une solution diplomatique suppose un minimum de bonne foi. L’Iran réaffirme qu’il défendra ses droits inaliénables, y compris en réponse à cette résolution qu’il considère comme entachée de graves irrégularités.
Seyed Abbas Salehi, ministre de la Culture
Trump menace régulièrement les infrastructures de l’Iran.
Or, les véritables infrastructures de l’Iran sont sa civilisation millénaire, sa culture et son art prestigieux, ainsi que son peuple courageux qui, depuis plus de cent nuits, a écrit une épopée dans les rues.
Ces infrastructures ne peuvent être détruites et deviennent plus fortes à chaque menace.
L’avenir de l’Iran sera plus lumineux que son passé. N’en doutons pas.
Général de division Ali Abdollahi, commandant du Quartier général central de l’armée
Les forces armées de la République islamique d’Iran, pleinement préparées, vigilantes et bénéficiant d’une parfaite maîtrise du renseignement, répondront avec fermeté à toute menace contre la sécurité, l’indépendance et l’intégrité territoriale du pays par des opérations efficaces, douloureuses et de nature à faire regretter à l’agresseur ses actes.
Il ne fait aucun doute que la voie des martyrs de la dignité et de la puissance de l’Iran islamique, en particulier celle du Guide martyr de la communauté, l’Imam Seyed Ali Khamenei (que son âme soit sanctifiée), se poursuivra et que le drapeau de l’indépendance, de la résistance et de la fierté de cette terre restera plus élevé que jamais.
« La victoire ne vient que d’Allah, le Tout-Puissant, le Sage. »
Esmail Qaïni, commandant de la Force Al-Qods du Corps des gardiens de la Révolution islamique
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.
Le régime sioniste doit savoir que l’occupation, l’agression et les crimes continus commis contre la population du sud du Liban ne briseront jamais la volonté du peuple résistant libanais ni celle des combattants du Hezbollah.
Le sud du Liban a toujours été et demeurera une terre de dignité, de résistance et de fermeté.
Le Hezbollah, en tant que symbole de la résistance et de la dignité de la communauté islamique, restera à l’avant-garde de la défense du Liban et de la lutte contre les ambitions du régime occupant.
La promesse divine fondée sur le triomphe de la vérité sur le mensonge se réalisera.
Autorité de gestion du détroit du Golfe Persique (PGSA)
Compte tenu des tensions provoquées dans la région par les forces agressives américaines et conformément au communiqué publié la nuit dernière par les forces armées iraniennes, le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à nouvel ordre.
Les titulaires d’autorisations de transit sont priés de faire preuve de patience et d’attendre les instructions ultérieures de la PGSA.
Commandant de la marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique
À la suite des actes hostiles récents de l’armée terroriste américaine dans la région, qui ont provoqué une situation d’insécurité, la marine des Gardiens de la Révolution informe l’ensemble des pétroliers et navires commerciaux présents dans le golfe Persique et la mer d’Oman que le détroit d’Ormuz est désormais totalement fermé.
Tout transit de navires dans le détroit d’Ormuz fera l’objet d’une réaction ferme.
Pour leur propre sécurité, il est demandé à tous les navires de s’abstenir totalement de traverser le détroit d’Ormuz jusqu’à nouvel ordre.
Service des relations publiques de l’Armée de la République islamique d’Iran
À la suite de la violation du cessez-le-feu et de l’agression menée par l’armée terroriste américaine contre plusieurs zones du sud du pays, l’Armée de la République islamique d’Iran a lancé une vague d’attaques de drones suicides contre la Cinquième Flotte américaine basée à Bahreïn.
Au cours de cette opération, les antennes de communication ainsi que les installations radar du système Patriot de la Cinquième Flotte ont été visées.
L’Armée, aux côtés des autres forces armées, est prête à se battre jusqu’au sacrifice suprême contre l’ennemi et ne cessera pas ses opérations tant que l’agresseur n’aura pas été puni.
2. Actions contribuant à l’escalade des tensions
Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor
Aujourd’hui, dans le cadre de l’opération dite de « colère économique », l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor des États-Unis a imposé des sanctions à neuf personnes et entités impliquées dans l’acquisition et l’approvisionnement en armements au profit du Corps des gardiens de la Révolution islamique d’Iran (IRGC) et du ministère iranien de la Défense et du Soutien des forces armées (MODAFL).
Parmi les personnes et sociétés sanctionnées figurent des individus et des entreprises établis en Chine et à Hong Kong.
Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)
La résolution anti-iranienne proposée par les États-Unis, avec le soutien de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, contre le programme nucléaire pacifique de la République islamique d’Iran a été adoptée lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA.
Cette résolution exprime des regrets concernant ce qu’elle qualifie de « persistance du manquement de l’Iran à remédier à sa non-conformité au cours des douze derniers mois », sans tenir compte de la coopération constante de l’Iran avec l’Agence ni des circonstances exceptionnelles résultant des attaques militaires américaines et israéliennes contre les installations iraniennes placées sous garanties.
Le texte affirme également que l’Iran a refusé de fournir les informations et les accès demandés par l’Agence pour vérifier certaines matières nucléaires déclarées antérieurement et que l’AIEA n’a pas été en mesure de procéder à leur vérification pendant une année.
CENTCOM
Les forces américaines ont intercepté un pétrolier lié à l’Iran en mer d’Oman.
Un avion militaire américain a tiré des munitions de précision sur la salle des machines de ce navire.
CBS News
Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du CENTCOM, a déclaré :
« Nous examinons les informations faisant état d’une frappe aérienne américaine contre une installation d’approvisionnement en eau dans le sud de l’Iran mercredi. Nous sommes informés de ces signalements et ils font actuellement l’objet d’une enquête. »
Aux premières heures de mercredi matin, plusieurs explosions ont été entendues à Qeshm, Sirik, Jask et Bandar Abbas. À la suite de l’une de ces frappes américaines, deux réservoirs d’eau situés dans le district de Bamani, à Sirik, ont été touchés.
Cette attaque a entraîné l’interruption totale de l’approvisionnement en eau potable de la ville de Kouhestak ainsi que de dix villages du district de Bamani. Plus de 20 000 habitants de ces zones se trouvent désormais confrontés à une pénurie d’eau potable au plus fort de la chaleur estivale.
Le district de Sirik, dans la province d’Hormozgan, est situé à environ 170 kilomètres à l’est de Bandar Abbas.
Fox News
Un haut responsable du Pentagone (département américain de la Défense) a déclaré qu’à la suite d’une tentative iranienne visant à prendre pour cible des navires transitant par le détroit d’Ormuz, les forces américaines avaient abattu deux drones iraniens.
Selon ce responsable, le trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz se poursuit néanmoins.
3. Lutte contre la propagande, la guerre psychologique, la désinformation et les tentatives de manipulation de l’opinion publique
Carlstrom, journaliste et analyste à The Economist
La crédibilité des États-Unis s’est tellement dégradée qu’un président peut annoncer la conclusion d’un accord diplomatique, et que la réaction presque générale consiste à dire : « Attendons de voir si l’agence Tasnim le confirme ou non. »
Tucker Carlson, analyste américain de premier plan
Malgré ses porte-avions d’une valeur de 120 milliards de dollars et l’ensemble de ses équipements militaires, l’armée américaine n’a même pas été capable, ces derniers mois, de rouvrir le détroit d’Ormuz, et rien ne garantit qu’elle puisse y parvenir.
Nous sommes désormais confrontés aux « limites de la puissance militaire américaine ». La réalité est qu’il existe des choses que nous sommes tout simplement incapables de faire.
Steve Hanke, professeur d’économie appliquée à l’Université Johns-Hopkins
Hier, l’Iran a pris pour cible des bases américaines pour la deuxième nuit consécutive.
Ce matin, Trump a déclaré qu’il répondrait « très durement » dans la soirée.
Cet après-midi, Trump a annulé ces frappes.
Trump a perdu son chemin dans la tempête de la guerre.
4. Couverture médiatique et analyses des centres de recherche concernant les développements en cours
Brookings Institution
Comment la guerre contre l’Iran transformera-t-elle le Moyen-Orient ?
La guerre contre l’Iran a suivi un schéma récurrent déjà observé lors des précédentes tentatives américaines de changement de régime : un schéma qui a engendré l’instabilité et le chaos régionaux, affaibli le soft power des États-Unis ainsi que leurs alliances, et finalement renforcé de manière inattendue les adversaires de Washington.
Bien que les États-Unis demeurent un partenaire sécuritaire et stratégique irremplaçable pour les États du Golfe Persique, cette guerre accélérera leurs efforts visant à diversifier leurs dispositifs de défense et de sécurité, leurs voies d’exportation ainsi qu’à réduire leur dépendance à l’égard de Washington face à l’imprévisibilité de sa politique.
Cette guerre a également intensifié les rivalités régionales déjà existantes, notamment entre l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis.
Par ailleurs, les perspectives d’un élargissement du processus de normalisation entre les pays arabes et Israël se sont affaiblies, rendant plus difficile la conclusion de nouveaux accords dans ce domaine.
Sondage du Conseil européen des relations internationales (ECFR)
Seuls 11 % des citoyens de quinze pays européens considèrent désormais les États-Unis comme un « allié ». Ce chiffre était de 22 % en novembre 2024 et de 16 % il y a six mois. Il atteint aujourd’hui son niveau le plus bas jamais enregistré.
Publiés à la veille des sommets du G7 et de l’OTAN, ces résultats témoignent d’un recul de la confiance européenne envers Washington en tant que partenaire sécuritaire fiable.
En matière de financement de la défense, 47 % des personnes interrogées soutiennent l’idée d’un emprunt commun de l’Union européenne destiné à financer les investissements militaires.
Les niveaux de soutien les plus élevés ont été enregistrés au Portugal (59 %), au Danemark (56 %) et aux Pays-Bas (55 %).
La majorité des participants souhaitent également réduire la dépendance à l’égard des équipements militaires américains et les remplacer progressivement par des productions européennes.
Gustavo Petro Urrego, président de la République de Colombie et président en exercice du Conseil de sécurité des Nations unies
Lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au thème :
« Maintien de la paix et de la sécurité internationales : promouvoir des solutions politiques au Moyen-Orient ; la médiation au service du dialogue et d’une paix durable »
· Nous sommes en train de retourner à l’époque du nazisme.
· J’appelle tous les États membres à prendre position contre la guerre menée contre les civils.
· Des missiles tombent sur des nourrissons.
· La situation actuelle est comparable aux périodes les plus sombres du XXe siècle.
· Les crises mondiales actuelles, y compris les violences les plus récentes à Belfast, trouvent leur origine dans la « haine raciale », et il a averti que ce type de violence pourrait se propager davantage.
· Ce qui unit les êtres humains est le respect mutuel et le respect de la science ; sans cela, l’humanité sombrera dans la « barbarie ».
Association du transport aérien international (IATA)
Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement ont coûté 11 milliards de dollars aux compagnies aériennes.
Par ailleurs, la guerre contre l’Iran, en raison d’une hausse de 70 % du prix du carburant, a réduit les bénéfices prévus du secteur aérien pour 2026 de 45 milliards à 23 milliards de dollars.
5. Situation du marché de l’énergie et conséquences de la crise régionale
Au cours des deux derniers jours, le marché mondial de l’énergie a traversé l’une de ses périodes les plus volatiles de ces dernières semaines sous l’effet de l’intensification des tensions militaires entre l’Iran et les États-Unis dans la région du golfe Persique, ainsi que des incertitudes entourant l’avenir de la sécurité du détroit d’Ormuz. Les négociants en énergie, les compagnies maritimes et les institutions financières internationales se sont principalement concentrés sur les risques géopolitiques, chaque développement politique ou militaire ayant eu un impact immédiat sur les prix.
Sur le marché pétrolier, les premières heures ayant suivi la diffusion des informations relatives aux attaques réciproques et aux nouvelles menaces visant les infrastructures régionales ont été marquées par une hausse des prix. Une grande partie de cette progression s’explique par les inquiétudes concernant une éventuelle perturbation des exportations de pétrole du Golfe Persique. Toutefois, à la suite de rapports évoquant une possible reprise des négociations et un apaisement des tensions, une partie de cette hausse a été corrigée et le marché pétrolier est de nouveau entré dans une phase de forte volatilité.
Le détroit d’Ormuz demeure le principal facteur influençant le marché. Cette voie maritime stratégique concentre une part considérable du commerce mondial de pétrole et de gaz, et toute restriction de la circulation maritime affecte directement l’approvisionnement énergétique mondial. Les analystes estiment que même en l’absence d’une interruption totale du trafic, la seule augmentation du risque sécuritaire suffit à maintenir une « prime géopolitique » dans les prix du pétrole.
Le secteur du transport maritime a lui aussi réagi fortement. Les primes d’assurance de guerre et les coûts de couverture des risques liés au transit dans le golfe Persique continuent d’augmenter, tandis que de nombreuses compagnies maritimes adoptent une approche plus prudente dans leur planification. Les experts du transport maritime avertissent que la persistance de cette incertitude pourrait entraîner une hausse significative des coûts de transport du pétrole brut, des produits pétroliers raffinés et du gaz naturel liquéfié.
Dans le secteur du gaz naturel, les marchés européens et asiatiques suivent de près les développements régionaux. Bien qu’aucune perturbation majeure de l’approvisionnement n’ait été observée au cours des deux derniers jours, les inquiétudes concernant les exportations de GNL depuis le golfe Persique, notamment en raison du rôle du Qatar dans l’équilibre du marché mondial, ont favorisé une augmentation des opérations de couverture et une sensibilité accrue des marchés.
Du point de vue des investissements, la montée des tensions a renforcé la demande pour les valeurs refuges. Une partie des capitaux a quitté les marchés les plus risqués pour se diriger vers l’or, les obligations souveraines et certaines devises considérées comme sûres. Ce comportement montre que les acteurs économiques continuent de prendre très au sérieux le risque d’une aggravation de la crise et ses conséquences potentielles sur la croissance économique mondiale.
Du côté de l’offre, les principaux producteurs de pétrole et les membres de l’OPEP+ ont jusqu’à présent évité toute réaction précipitée. Néanmoins, le marché continue de considérer les capacités de production excédentaires de certains grands exportateurs comme un instrument potentiel de stabilisation des prix en cas d’aggravation de la crise. Parallèlement, plusieurs institutions financières ont averti que, dans un scénario de perturbations prolongées, les prix du pétrole pourraient de nouveau atteindre des niveaux nettement plus élevés.
Dans l’ensemble, les développements observés au cours des deux derniers jours montrent que le marché de l’énergie n’est pas encore confronté à une pénurie physique importante d’approvisionnement. Toutefois, le niveau du risque géopolitique a sensiblement augmenté. Les prix du pétrole, les coûts du transport maritime, les primes d’assurance des navires et les anticipations inflationnistes restent fortement influencés par la situation dans le golfe Persique et dans le détroit d’Ormuz. Tant que les tensions entre l’Iran et les États-Unis et la situation sécuritaire régionale ne seront pas clarifiées, il faut s’attendre à une forte volatilité et à une réaction rapide des marchés de l’énergie aux développements politiques et militaires.
6. Efforts diplomatiques
Entretien téléphonique entre la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran
Seyed Abbas Araghchi s’est entretenu par téléphone avec Mme Kaja Kallas au sujet des derniers développements régionaux à la suite des attaques américaines qualifiées d’agressives contre plusieurs points du territoire iranien.
Au cours de cet entretien, le ministre iranien des Affaires étrangères a fermement condamné la récente agression américaine, la qualifiant de violation flagrante de la Charte des Nations unies et du droit international. Il a déclaré que ces actions avaient vidé de sa substance le cessez-le-feu en vigueur et que les États-Unis portaient l’entière responsabilité des conséquences dangereuses qui pourraient en découler.
M. Araghchi a également critiqué le silence des États membres des Nations unies face à ces agissements, avertissant que l’inaction de la communauté internationale contribuerait à accroître l’insécurité tant au niveau régional qu’international.
Entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères de l’Iran et de la France
Seyed Abbas Araghchi et Jean-Noël Barrot se sont entretenus par téléphone au sujet de la situation régionale, de l’évolution des démarches diplomatiques menées avec la médiation du Pakistan ainsi que de plusieurs questions bilatérales d’intérêt commun.
Les deux ministres ont procédé à un échange de vues et à des consultations sur ces différents dossiers.
Service de la diplomatie publique Ambassade de la République islamique d’Iran en France