29 April 2026
2026/04/26 - 13:25

Communique de presse du service de la diplomatie publique de l’Ambassade – N 45

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Communiqué de presse

Paris, le 22 avril 2026
 
Avec la prolongation du cessez-le-feu de deux semaines après l’agression sauvage des États-Unis et du régime sioniste, le service de diplomatie publique de l’Ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite porter à la connaissance des médias et de l’opinion publique les points suivants :

 

Aperçu général des événements des derniers jours

 

À la fin de la deuxième semaine de cessez-le-feu, alors que sa prolongation s’accompagne de nouvelles ambiguïtés et tensions, les évolutions des dernières vingt-quatre heures montrent que la situation sur les plans militaire, diplomatique et économique autour de l’Iran est entrée dans une phase plus sensible. Dans le Golfe persique, le détroit d’Hormuz reste en pratique fermé, et les rapports internationaux décrivent cela comme la plus grande perturbation de l’histoire dans l’approvisionnement énergétique mondial ; environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et près d’un quart des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié sont en situation de perturbation ou de suspension, le passage quotidien des navires est réduit au minimum, et au cours des deux derniers jours, les médias occidentaux ont rapporté des tirs sur deux navires en infraction aux nouvelles règles de passage ainsi que le renvoi à mi‑chemin de plusieurs pétroliers et porte-conteneurs par les forces navales d’agression américaines et de leurs alliés dans cette voie d’eau stratégique ; parallèlement, les rapports indiquent que tout navire tentant de traverser sans coordination s’expose au risque d’être pris pour cible.

Dans le domaine de l’énergie, le marché mondial du pétrole et du gaz a connu, sur la même période, de fortes fluctuations. Le prix du Brent, après les pics des jours précédents, continue d’osciller à proximité du seuil de 100 dollars par baril, et les analyses soulignent qu’un scénario de stabilisation des prix à des niveaux à trois chiffres reste probable tant que la situation à Hormuz ne sera pas normalisée. Les indices régionaux, en particulier le pétrole d’Oman, continuent de se négocier avec une prime de risque élevée, et les institutions financières internationales avertissent qu’en cas de persistance de la situation actuelle, une nouvelle flambée des prix, voire un rapprochement des niveaux de 150 dollars, n’est pas à exclure. Sur le marché du gaz, les rapports en provenance d’Europe indiquent que les stocks actuels ne sont pas suffisants pour couvrir, sans pressions sur les prix, les besoins futurs si la crise se prolonge et si les perturbations dans les routes en provenance du Golfe persique se poursuivent ; certaines évaluations évoquent « quelques semaines » seulement de marge de sécurité pour les réserves de carburant aérien en Europe.

Sur la scène diplomatique, les deux derniers jours ont été marqués par la poursuite des messages contradictoires des États-Unis. D’un côté, nous avons assisté aux menaces de renforcement des sanctions, à la poursuite du blocus maritime et à l’usage d’un langage insultant, et de l’autre, à des propos sur une prolongation du cessez-le-feu et à l’expression d’une prétendue volonté de parvenir à un « bon accord » dans les déclarations du président des États-Unis. Ces positions contradictoires, que les médias internationaux considèrent comme le signe d’un manque de cohérence et de confusion dans la conduite de la politique à Washington, ont compliqué l’atmosphère des négociations éventuelles au Pakistan et ont accru la méfiance de l’opinion publique iranienne quant aux véritables intentions des États-Unis. En face, les analyses publiées dans la presse occidentale reconnaissent que le maintien de la fermeture du détroit d’Hormuz obligera la Maison-Blanche à choisir entre une escalade militaire coûteuse et l’acceptation d’une solution politique difficile.

Sur cette base, l’horizon des vingt-quatre prochaines heures et des jours à venir peut être résumé en trois axes : premièrement, la poursuite fragile d’une situation de « ni guerre, ni paix » sur le terrain, avec le risque bien réel d’un glissement soudain vers un affrontement plus vaste en cas d’incident nouveau dans le Golfe persique et la mer d’Oman ; deuxièmement, le maintien de fortes fluctuations sur le marché de l’énergie et la transmission de la pression des coûts aux économies consommatrices, de l’Europe à l’Asie ; troisièmement, le renforcement des efforts diplomatiques, en particulier des initiatives régionales et des efforts de médiation de pays comme le Pakistan, afin de transformer ce cessez-le-feu instable en un processus plus durable plaçant la sécurité du détroit d’Hormuz, la levée des blocus et le respect des droits légitimes de l’Iran au cœur de toute solution.

 

1. Dernières déclarations des responsables iraniens

 

Dr Massoud Pezeshkian, président de la République, sur le réseau X : le peuple iranien ne se soumet pas à la force ; le respect des engagements est la logique justifiée de toute forme de dialogue. Outre la profonde méfiance historique qui existe en Iran à l’égard des antécédents comportementaux et des performances du gouvernement américain, l’approche non constructive et contradictoire des responsables américains ces derniers jours contient un message amer : ils veulent la capitulation de l’Iran. Le peuple iranien ne se soumet pas à la force.

 

Pezeshkian : Dans les guerres d’agression récentes menées par les États-Unis et le régime sioniste, cette institution révolutionnaire a, par une réaction ferme, intelligente et victorieuse, déjoué les complots et mis en échec les desseins malveillants des ennemis. […] En outre, cette force issue de la volonté nationale, par une présence efficace dans les domaines de la reconstruction et du service à la population, s’est tenue, partout où le pays a eu besoin de capacités scientifiques et d’expertise, pleinement aux côtés du peuple et au service du peuple.

 

 

Dr Mohammad-Bagher Ghalibaf, président du Parlement, sur le réseau X : En imposant un blocus et en violant le cessez-le-feu, Donald Trump cherche, selon ses propres calculs, à transformer la table des négociations en une table de capitulation, ou à justifier une reprise des hostilités.

Nous n’acceptons pas de négocier sous la menace et, au cours des deux dernières semaines, nous nous sommes préparés à dévoiler de nouvelles cartes sur le champ de bataille.

Ghalibaf, en réaction au slogan « Rendre l’Amérique à nouveau grande » : vos dirigeants attisent la guerre — pour rendre à l’Amérique la “grandeur” de quoi au juste ?

1 – l’inflation
2 – l’incapacité à faire face aux dépenses
3 – les oligarques
4 – l’« épsteinocratie »

 

Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, sur le réseau X : Le blocus des ports iraniens est un acte de guerre et donc une violation du cessez-le-feu. L’attaque contre un navire de commerce et la prise en otage de son équipage constituent une violation encore plus grave. L’Iran sait parfaitement comment faire face aux restrictions, comment défendre ses intérêts et comment résister aux actes d’intimidation.

 

Le ministère des Affaires étrangères : l’Iran condamne avec la plus grande fermeté l’action illégale et barbare de l’armée terroriste américaine dans l’attaque contre le navire de commerce iranien « Touska », survenue dans la soirée du dimanche 19 avril 2026 à proximité des côtes iraniennes en mer d’Oman.

Cette action, qui s’est accompagnée de l’intimidation des marins, des membres d’équipage du navire et de leurs familles, constitue un acte de piraterie maritime et un acte terroriste qui non seulement est contraire aux principes et règles fondamentales de la Charte des Nations unies et du droit international, mais représente aussi un nouvel exemple de violation manifeste de l’accord de cessez-le-feu du 8 avril 2026 et un acte d’agression contre la République islamique d’Iran.

La République islamique d’Iran a attiré l’attention du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, des membres du Conseil de sécurité de cette organisation ainsi que de l’Organisation maritime internationale sur cette question, et a demandé la condamnation et une réaction ferme et sérieuse des instances internationales et des gouvernements responsables face à l’acte criminel des États-Unis contre la navigation commerciale internationale. Tout en mettant en garde contre les conséquences extrêmement dangereuses de cette action illégale et criminelle des États-Unis, l’Iran souligne la nécessité de la libération immédiate du navire iranien, des marins, des membres de l’équipage et de leurs familles. Sans le moindre doute, la République islamique d’Iran utilisera toutes ses capacités pour défendre les intérêts et la sécurité nationale de l’Iran et pour protéger les droits et la dignité des Iraniens. Il est évident que la responsabilité complète de la complexification de la situation dans la région incombe aux États-Unis.

 

Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République islamique : en raison du comportement contradictoire des Américains, aucune décision définitive n’a encore été prise quant à la participation ou non de l’Iran aux négociations au Pakistan.

– La raison n’en est pas l’indécision, mais les messages contradictoires, les comportements incohérents et les actions inacceptables de la partie américaine.

– Lorsque les négociations seront axées vers des résultats, l’Iran décidera de sa participation.
– Les attaques contre les navires iraniens constituent une violation flagrante du droit international, un acte de piraterie maritime et un terrorisme d’État.

– L’approche de la République islamique d’Iran est responsable, et lorsqu’elle arrivera à la conclusion que l’entrée dans un processus diplomatique, pour quelque raison que ce soit et compte tenu de l’ensemble des circonstances, est nécessaire et garantira les intérêts et les intérêts nationaux, elle empruntera cette voie.

 

2. Les dégâts de la guerre imposée américano‑sioniste

 

Le président de l’Organisation de médecine légale d’Iran : le nombre total des martyrs de la guerre imposée par l’Amérique et Israël a été annoncé à 3 375 personnes, dont l’âge moyen est examiné dans cette infographie.

En raison du type de bombes et de missiles utilisés par l’Amérique criminelle et le régime sioniste, près de 40% des corps des martyrs n’étaient pas identifiables dans un premier temps, mais nos collègues à travers le pays, en particulier à Téhéran, Ispahan et Hormozgan, ont réussi, par leurs efforts, à identifier ces corps et à les remettre aux familles.

Le bombardement de l’école « Shajareh Tayyebeh » à Minab fut un incident tragique au cours duquel plus de 160 enfants sont tombés martyr par l’Amérique et le régime sioniste.

 

Le plus ancien bâtiment du complexe du palais de Saadabad détruit pendant la guerre de Ramadan.

Le bâtiment « Ali Khan Vali », connu sous le nom de « palais Ahmad Shahi », le plus ancien édifice du complexe du palais de Saadabad et lieu de tournage du film sur Parvin E’tessami, a été largement endommagé à la suite des bombardements aériens américano-sionistes.

 

Le maire-adjoint chargé des services urbains de la municipalité de Téhéran : durant la « troisième guerre imposée », 5 400 pompiers, plus de 4 000 forces de volontaires et 200 groupes populaires ont agi de manière coordonnée. Par ailleurs, « les pompiers, durant la guerre, ont sorti 400 personnes vivantes des décombres ».

 

3. Aspects juridiques

 

La Représentation permanente de la République islamique d’Iran auprès de l’Organisation des Nations unies et des autres organisations internationales à Vienne : l’une des priorités principales de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, dont la session doit débuter la semaine prochaine, doit être l’application pleine et effective des décisions antérieures de cette conférence concernant le Moyen-Orient, y compris la résolution de 1995 sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, la décision consensuelle de la Conférence d’examen de 2000 mettant l’accent sur l’adhésion du régime israélien au TNP et sur le placement de toutes ses installations nucléaires clandestines sous les garanties complètes de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Le ministère des Affaires étrangères de Chine : le rapport national de la Chine sur la mise en œuvre du Traité de non-prolifération des armes nucléaires tient les États-Unis pour responsables de l’impasse sur la question nucléaire iranienne et condamne leurs actions militaires contre l’Iran. Les attaques militaires des États-Unis et d’Israël contre l’Iran en juin dernier et en février de cette année « ont gravement violé le droit international et les buts de la Charte des Nations unies ».

 4. Actions génératrices de tensions

 

Donald Trump, dans une conversation téléphonique avec l’émission de radio « The John Fredericks Show » : les Iraniens entreront en négociation et, s’ils ne le font pas, ils seront confrontés à des problèmes qu’ils n’ont jamais connus jusqu’à présent. J’espère qu’ils parviendront à un accord équitable et qu’ils reconstruiront leur pays, mais dans ce processus, ils n’auront pas d’arme nucléaire.

 

Donald Trump sur le réseau social Truth Social : « L’opération Midnight Hammer » a complètement et entièrement détruit les sites de « poussière nucléaire » en Iran. Par conséquent, creuser pour les extraire sera un processus long et difficile. La chaîne de fake news CNN et les autres chaînes et plates-formes médiatiques corrompues ne donnent pas à nos grands pilotes le crédit qu’ils méritent (ils sont toujours en train d’essayer de les rabaisser et de les diminuer) – des losers !!!

 

Donald Trump sur le réseau social Truth Social : le Wall Street Journal a perdu la boussole ! Un imbécile au Wall Street Journal, du nom d’Elliot Kaufman, a récemment écrit une note intitulée « Les Iraniens considèrent Trump comme un naïf ». Vraiment ? Pendant 47 ans, ils ont abusé de tous les présidents, sauf moi ! Je suppose que Rupert Murdoch lui a dit d’écrire cela.

 

Donald Trump (le mardi matin 21 avril) dans une interview avec la chaîne ABC News : j’ai changé le régime iranien, peut-être indirectement. Nous sommes dans une position de négociation forte. L’Iran n’a pas d’autre choix que d’envoyer une délégation pour négocier, et je crois que cela nous conduira à un excellent accord. Il ne reste pas beaucoup de temps avant la fin du cessez-le-feu et je ne veux pas prolonger le cessez-le-feu. Nos armements sont extrêmement bien fournis en munitions et nous sommes extraordinairement prêts. L’Iran essaie de déplacer ses missiles parce que nous en avons détruit la plupart et qu’ils les déplacent pendant le cessez-le-feu. Nous avons profité de cette occasion pour reconstituer nos stocks et il est très probable que l’Iran ait fait de même. Le blocus a été couronné de succès.

 

Donald Trump, dans un message publié mardi soir (21 avril 2026) sur le réseau social Truth Social : compte tenu du fait que le gouvernement iranien est gravement fracturé et divisé (ce qui, bien entendu, n’est pas surprenant) et à la demande du général Asim Munir et de Shehbaz Sharif, Premier ministre du Pakistan, qui nous ont demandé de suspendre notre attaque contre l’Iran jusqu’à ce que ses dirigeants et représentants parviennent à une proposition unique et commune, j’ai ordonné à nos forces militaires de poursuivre le blocus et de rester prêtes et capables dans tous les autres domaines et, en conséquence, je prolongerai le cessez-le-feu jusqu’à ce que leur proposition soit présentée et que les négociations, d’une manière ou d’une autre, arrivent à leur terme.

 

Les patrouilles aériennes de reconnaissance américaines dans le ciel irakien : Parallèlement à la diffusion d’informations concernant les patrouilles d’avions de reconnaissance américains dans le ciel irakien, une source de sécurité dans la province d’Al-Anbar a fait état de la détection d’un avion ravitailleur et de trois avions de combat A‑10 dans le ciel de Trebil.

 

5. Lutte contre la propagande, la guerre psychologique, les mensonges et les tentatives de manipulation de l’opinion publique

 

Le pouvoir judiciaire de la République islamique d’Iran : la nouvelle allégation de Trump selon laquelle huit femmes seraient sur le point d’être exécutées en Iran est fausse ; certaines ont été libérées et d’autres font l’objet de poursuites pouvant tout au plus conduire à des peines de prison.

 

Politico : la guerre contre l’Iran a affaibli l’influence mondiale des États-Unis :

Trump, avec la guerre contre l’Iran, non seulement n’a pas atteint ses objectifs, mais il a affaibli l’influence mondiale des États-Unis et creusé l’écart entre ce pays et ses alliés. Contrairement aux guerres précédentes, cette fois Washington n’a même pas informé ses alliés les plus proches de ses décisions initiales. Parallèlement, dans les pays musulmans, la popularité des États-Unis a encore diminué et même les gouvernements n’ont pas été en mesure de contrer clairement cette perception.

 

Politico : la guerre d’Iran accélère la séparation des États-Unis du reste du monde :

La guerre d’Iran a affaibli l’influence mondiale des États-Unis et accru les tensions avec de nombreux pays. Le Canada a qualifié ses relations économiques avec les États-Unis de « vulnérabilités » qu’il faut corriger. Les pays asiatiques et européens accélèrent leurs projets d’énergies renouvelables et de réduction de leur dépendance à l’égard des États-Unis.

 

The Washington Post : les déclarations de Trump sur l’Iran deviennent de plus en plus contradictoires et négocier avec lui est impossible. Le président, en réponse aux questions liées à la guerre, a présenté des avis contradictoires. Alors que le Pentagone fournit des rapports détaillés sur la destruction des radars américains par les drones iraniens, Trump décrit dans ses discours ces pertes comme « nulles ». Trump prétend que les États-Unis n’ont pas besoin du détroit d’Hormuz, tandis qu’en même temps il ordonne à la marine de se battre de toutes ses forces pour le rouvrir afin de faire baisser le prix de l’essence à 6 dollars. Des sources diplomatiques indiquent que la partie iranienne a pratiquement renoncé à analyser les messages de Trump. Les diplomates estiment que lorsque le « oui » ou le « non » du président américain n’a pas plus de valeur que quelques heures, la négociation devient pratiquement impossible.

 

The Guardian : par ses positions peu fiables et son ton agressif, Trump a paralysé les négociations.
Trump, par ses surenchères, a apporté confusion et désordre dans les négociations avec l’Iran. Son style peu fiable sème la confusion diplomatique, mais renforce la conviction de Téhéran quant à l’importance stratégique du détroit d’Hormuz.

Par ses changements soudains de position et son ton agressif, Trump a en pratique paralysé l’architecture des négociations. Alors que les équipes techniques cherchent à parvenir à un accord, ses tweets et ses déclarations improvisées détruisent tout espace de confiance et placent les alliés européens dans un état d’incertitude. Le chaos à la Maison-Blanche non seulement n’a pas intimidé l’Iran, mais a convaincu Téhéran que son levier de pression sur le détroit d’Hormuz est vital. En d’autres termes, la crainte de Trump face à la hausse des prix du carburant et ses réactions contradictoires ont rassuré l’Iran sur le fait que la clé pour contenir les États-Unis réside dans sa puissance maritime. Trump tente, en cultivant une impression « d’imprévisibilité », d’effrayer l’Iran ; mais en réalité, c’est l’Iran qui, avec un calme stratégique, utilise ce chaos pour consolider sa position en tant que puissance dominante de la région.

 

Le New York Times, dans un article en date du 18 avril : malgré le naufrage d’une part importante des navires conventionnels iraniens lors des attaques américaines et israéliennes, la flotte de petits bateaux rapides des Gardiens de la Révolution – connue sous le nom de « flotte moustique » – est restée à l’abri des regards et constitue une menace sérieuse pour la navigation dans le détroit d’Hormuz. Ces petits bateaux, agiles et armés, associés aux missiles et aux drones qui peuvent être tirés depuis ces embarcations ou depuis des positions côtières camouflées, constituent le « cœur » de la puissance navale des Gardiens dans le Golfe persique et jouent un rôle central dans la perturbation du passage des pétroliers et des navires de commerce. Dans ce reportage, l’amiral Gary Roughead, haut responsable de la marine américaine, déclare à propos de cette flotte : « Cette force demeure un facteur perturbateur ; vous ne savez jamais vraiment exactement ce qu’ils sont en train de faire ni quelles sont leurs intentions. »

 

Le Wall Street Journal, dans un reportage daté du 19 avril 2026 (citant des responsables américains) : ces dernières semaines, les Émirats arabes unis cherchent à Washington une sorte de «garantie financière» ou de ligne de crédit d’urgence afin que, si les conséquences de la guerre contre l’Iran, les attaques contre les infrastructures énergétiques émiraties et les perturbations dans le détroit d’Hormuz provoquent une fuite des capitaux, des pressions sur le dirham arrimé au dollar et une pénurie de liquidités en dollars, ils puissent maintenir la stabilité de leur système financier grâce à ce filet de sécurité. Le reportage explique qu’Abou Dhabi a jusqu’ici surmonté les pires répercussions économiques de la guerre, mais reste préoccupé par un scénario d’aggravation de la crise et c’est pourquoi il a engagé des discussions avec le Trésor américain et la Réserve fédérale au sujet d’un accès d’urgence au dollar.

La partie clé et controversée de ce reportage est que, selon certains responsables américains, les Émiriens ont averti, dans ces consultations, qu’en cas de pénurie de dollars, ils « pourraient être contraints » de fixer le prix et de régler une partie de leurs exportations de pétrole et d’autres transactions dans d’autres devises, dont le yuan chinois. Le Wall Street Journal décrit cela comme une menace implicite pour l’hégémonie du dollar sur le marché mondial du pétrole, mais souligne que cette position a été exprimée sous forme de scénario conditionnel, et non comme l’annonce d’une décision ferme visant à « dédollariser » le pétrole émirati. En termes précis, le reportage indique que les Émirats souhaitent obtenir une police d’assurance financière des États-Unis tout en rappelant que, si cette assurance n’est pas fournie, l’option d’un mouvement limité vers des devises comme le yuan reste sur la table, pas davantage.

 

Le magazine américain The Free Press : dans sa tribune du 20 avril 2026 intitulée « Le fossé entre Truth (Social) et la réalité au sujet de l’Iran », Niall Ferguson soutient que l’image d’une victoire écrasante des États-Unis dans la guerre avec l’Iran, telle qu’elle est présentée sur les réseaux sociaux et dans les récits officiels, ne correspond pas à la réalité du terrain. Il écrit que Washington et ses alliés ont certes obtenu des succès importants dans les domaines aérien et naval, mais que la capacité balistique et de drones de l’Iran n’a pas été entièrement détruite et que la fermeture du détroit d’Hormuz reste un levier de pression important entre les mains de Téhéran, de sorte que les coûts économiques de la guerre pour le monde sont en hausse.

Selon Ferguson, ce décalage entre le récit de la « victoire » et la réalité du terrain complexifie les calculs politiques américains et place la Maison-Blanche devant deux options principales : une escalade militaire ou un mouvement vers un accord. Il souligne que, dans la situation actuelle, le scénario le plus probable est la poursuite des négociations accompagnée du maintien de pressions militaires limitées, et que tout accord éventuel, s’il voit le jour, sera extrêmement contesté dans ses détails ; selon lui, évaluer le succès ou l’échec de cette guerre et de tout accord ultérieur ne peut se faire en se contentant de récits simplistes, mais dépendra de l’équilibre réel entre les coûts économiques, les gains militaires et les changements dans le rapport de forces.

 

Le sénateur américain John Assaf : Nous avons un président trompeur qui se présente comme une figure quasi messianique. Mais il déclenche des guerres à sa guise et obtient des milliards de dollars de la part de dirigeants étrangers. Pendant ce temps, le coût du logement, de l’électricité, des denrées alimentaires et des soins de santé atteint des niveaux sans précédent.

 

6. Situation du marché de l’énergie et effets de la crise dans la région

 

À la suite de la fermeture effective du détroit d’Hormuz et de l’intensification de l’affrontement entre Washington et Téhéran, le marché mondial de l’énergie a connu ces derniers jours une flambée sans précédent des prix et une hausse sensible des risques géopolitiques. D’après les dernières données de marché, le prix du Brent sur le marché à terme de Londres s’est établi, le 22 avril 2026, aux environs de 99 à 100 dollars le baril, en hausse d’environ 1 à 1,5% par rapport à la veille, alors que cet indice avait atteint, début avril, des pointes jusqu’à environ 138 dollars. Comparé au début de l’année 2026, lorsque le prix moyen du Brent se situait dans une fourchette de 65 à 70 dollars le baril, le niveau actuel reflète une augmentation de plus de 40 à 50% en deux mois, dont une grande partie est attribuée à l’incertitude entourant l’avenir du transit pétrolier depuis le Golfe persique.

Dans le même temps, le pétrole d’Oman – qui joue un rôle clé dans l’approvisionnement des marchés asiatiques – a connu en mars et avril 2026 une envolée historique, et, selon les rapports, a été négocié dans certaines transactions jusqu’à environ 154 dollars le baril, un niveau qui dépasse le seuil symbolique des 150 dollars et témoigne de tensions sans précédent sur l’offre physique. Cet écart marqué entre le pétrole d’Oman et le Brent reflète une réelle pénurie de barils disponibles, notamment à destination de l’Asie, car la fermeture d’Hormuz affecte en pratique environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole brut et a contraint de nombreux exportateurs du Golfe persique à réduire ou à détourner leurs exportations. Les analyses des institutions financières internationales, dont certains grands établissements de banque d’investissement, avertissent que si les perturbations à Hormuz se poursuivent jusqu’à la mi‑mai, le prix du pétrole pourrait, à court terme, entrer dans une fourchette de 120 à 130 dollars pour le Brent et que même un scénario de dépassement temporaire du niveau de 150 dollars ne peut être exclu.

Le marché du gaz naturel en Europe n’a pas été épargné par ces tensions. Sur le marché de référence TTF, le prix du gaz s’est inscrit, autour des 21–22 avril 2026, à environ 43 euros par mégawattheure, en hausse de plus de 7% par rapport à la veille, tout en demeurant environ 25% au-dessus du niveau d’il y a un an. Sur le marché français du gaz et dans la zone PEG, les prix des livraisons court terme pour avril 2026 ont oscillé autour de 54 euros par mégawattheure, et, au cours des trente derniers jours, ont évolué dans une fourchette de 52 à 56 euros, ce qui témoigne du maintien d’une prime de risque sur le marché européen. Bien que les niveaux actuels restent nettement inférieurs aux sommets de la crise de 2022, la tendance récente montre une forte sensibilité du marché du gaz à tout signe de perturbation dans l’approvisionnement en GNL en provenance du Golfe persique ainsi qu’à la possibilité d’une extension de la crise à d’autres points de passage stratégiques.

Sur le plan opérationnel, la fermeture du détroit d’Hormuz a directement affecté les flux physiques de pétrole et de gaz. Selon les estimations publiées, le nombre de navires présents dans la zone dépasse 3 200, et environ 20 000 marins et personnels de la marine se trouvent en situation d’attente autour de ce passage vital ; les deux tiers de cette flotte sont composés de grands navires marchands et de transporteurs d’énergie actifs dans le commerce international. Les données de suivi du trafic maritime montrent également que le nombre de passages quotidiens de navires à travers Hormuz est passé d’environ 160 avant la crise à une moyenne de seulement 12 navires pendant le mois de mars, ce qui équivaut pratiquement à un arrêt complet du flux normal de transit. Cette fermeture a créé de graves difficultés pour les grands pays importateurs comme la Chine, les obligeant à rechercher des routes plus longues et plus coûteuses, notamment via le contournement du cap de Bonne-Espérance ou en recourant à la capacité plus limitée des oléoducs terrestres.

Parallèlement à cette crise, une inquiétude importante existe quant au risque d’extension de l’insécurité à Bab el-Mandeb et à l’allongement du temps de passage par le canal de Panama, deux goulots d’étranglement qui, en exerçant une pression accrue sur les routes alternatives, peuvent augmenter considérablement la durée et le coût du transport maritime et injecter un nouveau choc dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Dans un tel contexte, le scénario dominant parmi les analystes de l’énergie est celui d’une stabilisation des prix du pétrole à des niveaux supérieurs à 100 dollars le baril au deuxième trimestre 2026, accompagnée de fortes fluctuations quotidiennes, tandis qu’un retour progressif à des niveaux plus équilibrés n’est envisagé que si une réouverture partielle d’Hormuz et une normalisation relative des stocks commerciaux interviennent au second semestre. De manière générale, les perspectives à court terme du marché de l’énergie restent marquées par une forte incertitude, une prime de risque géopolitique élevée et une pression accrue sur les économies importatrices – en particulier en Asie et en Europe – et toute aggravation supplémentaire des tensions dans le Golfe persique ou toute perturbation dans d’autres goulots d’étranglement pourrait inaugurer une nouvelle phase de flambée des prix et de révision des politiques énergétiques et de sécurité nationale de nombreux pays.

 

Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie de l’Union européenne : la fermeture du détroit d’Hormuz a entraîné des pénuries de carburant et d’énergie en Europe ; l’Union européenne a prévu des mesures pour faire face au manque de carburant « jet ». L’été qui s’annonce sera très difficile en raison des conflits au Moyen-Orient, et la situation des prix des ressources énergétiques en Europe sera probablement encore plus préoccupante.

 

7. Protestation contre la guerre et solidarité des peuples de la région avec l’Iran

 

Le sénateur américain Chris Murphy : nous dépensons des milliards de dollars pour maintenir l’ensemble de notre marine dans le détroit d’Hormuz, uniquement pour être inutiles et en échec et pour ne pas rouvrir cette voie d’eau, voie d’eau qui n’avait jamais été fermée jusqu’à ce que la guerre inutile et choisie par Trump ne la ferme. Il est simplement en train de brûler votre argent de contribuables.

  

Rassemblement d’anciens combattants américains au Congrès

Au Congrès des États-Unis, lundi, des dizaines d’anciens combattants et des membres de leurs familles ont été arrêtés ; ils avaient, de manière pacifique, occupé le bâtiment administratif « Cannon House » pour protester contre la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran et réclamer une rencontre avec le président de la Chambre des représentants.

 

Ghafouri, directeur général par intérim des relations publiques et de l’information de la Fondation des martyrs et des affaires des vétérans: la campagne populaire « Les anges de Minab » a été prolongée jusqu’au 10 mai 2026. La participation à cette campagne est ouverte à tous. Les personnes intéressées peuvent envoyer leurs œuvres sous forme de lettres, poèmes, nouvelles courtes, affiches, œuvres graphiques, motion design et clips à la page spéciale de dépôt des œuvres sur le site Navid-e Shahid.

 

8. Efforts diplomatiques

 

Lors de l’appel téléphonique de lundi, le ministre des Affaires étrangères a informé son homologue russe des évolutions régionales et des violations continues et répétées du cessez-le-feu par les États-Unis. Se référant à la poursuite des actions illégales et provocatrices des États-Unis contre les ports et les navires iraniens, y compris l’attaque contre le porte-conteneurs Touska et la prise en otage de son équipage, il a déclaré : le comportement illégal des États-Unis et les positions contradictoires de leurs dirigeants sont incompatibles avec leurs prétentions diplomatiques, et la République islamique d’Iran, tout en surveillant le comportement de la partie adverse, prendra les décisions appropriées pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale. Au cours de cet appel, la coopération bilatérale entre l’Iran et la Russie pour contribuer au rétablissement de la paix et de la stabilité dans la région a été examinée et discutée, et le ministre des Affaires étrangères de notre pays a salué l’annonce par la Russie de sa disponibilité à poursuivre les consultations en vue de renforcer la stabilité régionale et de faire avancer des initiatives diplomatiques conjointes.

 

Les ministres des Affaires étrangères de l’Iran et de l’Italie, lors d’un appel téléphonique, ont échangé sur la situation la plus récente des évolutions régionales et les questions liées au cessez-le-feu et à la diplomatie. Le ministre des Affaires étrangères, en détaillant les crimes perpétrés par les agresseurs américano-israéliens contre l’Iran lors de l’agression militaire récente, a rappelé la responsabilité de tous les États de condamner les violations flagrantes de la Charte des Nations unies et du droit international par les agresseurs.

Il a considéré la situation actuelle dans le détroit d’Hormuz comme le résultat direct de l’illégalité et de l’unilatéralisme des États-Unis dans leur agression militaire contre un pays souverain membre de l’ONU, et a souligné que l’Iran, en tant qu’État riverain du détroit d’Hormuz, a pris des mesures conformes au droit international pour protéger sa sécurité nationale contre les agressions et les menaces des États-Unis et d’Israël, et que la responsabilité des conséquences de cette situation sur l’économie mondiale incombe aux agresseurs. Le ministre a également, en évoquant les attaques agressives des États-Unis et du régime sioniste contre les installations nucléaires pacifiques de l’Iran, jugé inacceptable le silence des pays européens face à cette illégalité criminelle et a mis en garde contre l’affaiblissement croissant du droit international et du régime de non-prolifération en raison des approches à double standard des pays européens sur cette question.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Iran et de l’Italie ont aussi discuté des développements au Liban et de la nécessité de respecter le cessez-le-feu.

Le ministre des Affaires étrangères de l’Italie, soulignant l’importance de l’instauration de la paix et de la stabilité dans la région du Golfe persique, a fait part de la disponibilité de son pays à contribuer au renforcement de la stabilité dans l’ensemble de la région.

 

Le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran et Fouad Hussein, ministre des Affaires étrangères de l’Irak, ont discuté de la situation la plus récente des évolutions régionales.

 

 Seyed Abbas Araghchi et Amir Khan Muttaqi, ministres des Affaires étrangères de l’Iran et de l’Afghanistan, ont échangé au téléphone au sujet de la situation la plus récente des évolutions régionales et des relations bilatérales.

  

Shehbaz Sharif, Premier ministre du Pakistan, sur le réseau X : En mon nom personnel et au nom du Field Marshal Seyed Asim Munir, je remercie sincèrement le président Trump pour avoir généreusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu et de poursuite des efforts diplomatiques en cours. Avec la confiance et l’assurance existantes, le Pakistan continuera ses efforts sérieux pour résoudre le conflit par la négociation. J’espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et pourront, lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad pour mettre fin de manière permanente au conflit, parvenir à un « accord de paix » global.

 

 

Service de la diplomatie publique
Ambassade de la République islamique d’Iran en France

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