23 May 2026
2026/05/19 - 20:33
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Communique de presse du service de la diplomatie publique de l’Ambassade – N 56

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 Au soixante‑dix‑septième jour du début de l’agression militaire des États‑Unis et du régime sioniste contre la République islamique d’Iran, le service de la diplomatie publique de l’ambassade de la République islamique d’Iran en France souhaite porter à la connaissance des médias et de l’opinion publique les points suivants :

 

Aperçu général des événements des derniers jours

 

Au cours des quatre-vingts derniers jours, la troisième guerre imposée par les États-Unis et Israël contre l’Iran s’est simultanément transformée en un terrain d’épreuve de la résilience intérieure et en une scène de redéfinition des équilibres de puissance dans le golfe Persique et de l’ordre mondial. Du point de vue de la République islamique d’Iran, cette guerre constitue une attaque non seulement contre un pays, mais aussi contre l’État de droit, le droit international et les valeurs humaines. Les réponses militaires iraniennes s’inscrivent dans le cadre de la « légitime défense », tout en maintenant la diplomatie et les solutions pacifiques. Téhéran considère que la résistance de plusieurs dizaines de jours du peuple iranien et de ses forces armées a contribué à accélérer l’émergence d’un « nouvel ordre mondial » et à renforcer la place du Sud global. Dans le même temps, l’activité diplomatique des responsables iraniens, notamment du ministre des Affaires étrangères, à travers les rencontres tenues en marge du sommet des BRICS ainsi que les échanges téléphoniques continus avec plusieurs capitales — Islamabad, Ankara, Séoul, Doha, Riyad, Paris et d’autres — témoigne du maintien de canaux politiques actifs et d’efforts constants pour gérer la crise causée par l’agression illégale israélo-américaine.

Dans ce contexte, la restriction du trafic dans le détroit d’Hormuz a provoqué une grave perturbation des exportations régionales de pétrole et de gaz, une baisse sans précédent des réserves commerciales de pétrole et l’entrée du marché mondial dans une phase de déficit et de « pétrole cher accompagné d’une forte volatilité ». Le prix du Brent s’est stabilisé au-dessus de la barre des cent dollars et le marché du gaz fait également face à une hausse des prix et à une augmentation des risques. L’Iran continue de défendre sa position selon laquelle la sécurité d’Hormuz doit être assurée par les États riverains dans le cadre d’une coopération régionale, considérant la présence militaire des États-Unis et de leurs alliés comme « illégale » et comme la principale cause de l’insécurité ainsi que de l’augmentation des coûts d’assurance et de transport. En face, Washington tente, par une utilisation sélective de notions telles que la « liberté de navigation », de justifier son blocus maritime et sa présence militaire massive. Dans le même temps, les menaces et la rhétorique de Donald Trump et de certains responsables américains — allant d’avertissements sur la « destruction de la civilisation » iranienne jusqu’à des allusions ambiguës interprétées comme des menaces nucléaires — ainsi que les informations diffusées par des médias israéliens sur des options de frappes contre les infrastructures vitales iraniennes, constituent des exemples d’une « politique du bord du gouffre » et de guerre psychologique. Toutefois, cette approche a échoué face à l’Iran : Téhéran n’a pas cédé sous la pression maximale et a transformé le simple fait de résister aux attaques en une « victoire symbolique ». En revanche, les États-Unis se trouvent confrontés à la hausse du prix de l’essence, à la fragilité de la bulle boursière, au risque d’explosion de la dette et des taux d’emprunt ainsi qu’à une vulnérabilité accrue du marché de l’énergie.

Au niveau régional, les évolutions montrent que tous les États arabes du golfe Persique ne sont pas également enclins à s’appuyer sur le parapluie sécuritaire américain, et qu’une partie des élites régionales insiste désormais davantage sur la nécessité d’un dialogue avec Téhéran, sur le refus de transformer leurs territoires en terrain de compétition entre grandes puissances et sur une évolution vers une « régionalisation de l’ordre sécuritaire ».

Dans ce contexte, la politique de « résistance active » se poursuit à l’intérieur du pays et l’Iran, en combinant puissance défensive, diplomatie active, mobilisation des capacités économiques et soutien populaire, a conservé l’initiative sur le terrain. Le gouvernement et les institutions économiques, à travers des politiques de soutien et l’approfondissement de la coopération avec les partenaires asiatiques, cherchent à contenir les pressions inflationnistes et les conséquences économiques de la guerre, tout en transmettant le message que l’Iran ne reculera pas sous la pression extérieure ; pendant qu’aux États-Unis un débat s’est ouvert pour savoir si une intensification de l’affrontement avec l’Iran sert réellement les intérêts stratégiques de long terme de Washington, alors même que les États-Unis sont déjà engagés dans une compétition stratégique avec la Chine et la Russie. Le récent déplacement du président américain en Chine et l’accent mis sur le rôle clé de Pékin dans la stabilité du marché énergétique montrent que même à Washington se renforce une forme de réalisme selon laquelle la gestion de la crise d’Hormuz est impossible sans prendre en compte le rôle des puissances asiatiques et des acteurs régionaux.
Sur le plan symbolique, la guerre actuelle est devenue en quelque sorte le point de convergence de trois niveaux de tension : la confrontation entre l’Iran et les États-Unis autour de l’ordre sécuritaire du golfe Persique, l’agressivité israélienne dans la région et la redéfinition des équilibres de puissance dans le monde arabe, avec une implication plus active de la Chine. Le destin du détroit d’Hormuz dépasse désormais le cadre d’une crise ponctuelle pour devenir un théâtre de recomposition des rapports de force dans le golfe Persique et du système énergétique mondial. La mise en place de nouveaux mécanismes de gestion des voies maritimes, les négociations en cours avec les puissances asiatiques et l’insistance sur des solutions régionales constituent, dans cette perspective, les éléments clés d’une trajectoire qui, si elle est préservée des erreurs de calcul et des interventions aventureuses des puissances extra-régionales, pourrait conduire à un ordre plus stable et plus juste dans le golfe Persique

 

1. Dernières déclarations des responsables iraniens

 

Dr. Masoud Pezeshkian, président de la République islamique d’Iran

L’approche destructrice des États-Unis et du régime israélien, ainsi que leurs attaques illégales, ne visent pas uniquement l’Iran, mais également l’État de droit à l’échelle mondiale, le droit international, les valeurs humaines et les enseignements des religions divines. Il est évident que l’ensemble de la communauté internationale supportera les conséquences de cette approche dangereuse.

 

  Dr. Masoud Pezeshkian dans un message adressé au chef des catholiques du monde

Je vous remercie pour votre position morale et rationnelle face aux récentes agressions militaires contre l’Iran / Les attaques américaines et israéliennes ne sont pas seulement dirigées contre l’Iran, mais aussi contre l’État de droit et les valeurs humaines / L’Iran, dans le cadre de la légitime défense, a pris pour cibles les objectifs et les intérêts des agresseurs / La République islamique d’Iran demeure attachée à la diplomatie et aux solutions pacifiques / Il est attendu que la communauté internationale agisse de manière responsable face aux actions illégales des États-Unis.

 

Mohammad‑Bagher Ghalibaf, président du Parlement

Le monde est à l’aube d’un nouvel ordre mondial.

Comme l’a déclaré le président Xi : « Une transformation sans précédent depuis un siècle progresse rapidement à travers le monde », et je souligne que les 70 jours de résistance du peuple iranien ont accéléré cette transformation.

L’avenir appartient au Sud global.

 

Compte rendu de Seyed Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, sur son déplacement en Inde pour participer à la réunion des BRICS

Au cours de ce déplacement en Inde, outre ma participation à la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres des BRICS, j’ai eu des entretiens bilatéraux constructifs et utiles avec mes homologues de l’Inde, de la Fédération de Russie, de la Malaisie, de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, du Brésil et de la Thaïlande. J’ai également eu deux rencontres importantes avec le Premier ministre indien et le conseiller à la sécurité nationale de ce pays, au cours desquelles nous avons échangé en détail. À trois reprises, j’ai eu l’occasion de prendre la parole lors du sommet afin d’exposer la bravoure et la résistance honorable du grand peuple iranien dans les récentes guerres imposées. J’ai également évoqué l’inefficacité du Conseil de sécurité des Nations unies à empêcher les actions agressives et unilatérales des États-Unis, en soulignant que nous recherchons un mécanisme assurant une représentation réelle de tous les continents et régions du monde. Nous estimons qu’il convient d’utiliser les capacités des BRICS pour reconstruire la gouvernance mondiale et restaurer la crédibilité du multilatéralisme. À la fin du déplacement, lors d’une conférence de presse organisée à l’ambassade de la République islamique d’Iran à New Delhi, j’ai répondu aux questions des journalistes indiens et internationaux.

  

Seyed Abbas Araghchi

La résistance de l’Iran face aux intimidations américaines n’est pas un combat inconnu. Nombre d’entre nous ont été confrontés, sous différentes formes, à ces mêmes pressions et contraintes odieuses. Le moment est désormais venu d’agir collectivement et de montrer que de tels comportements doivent être relégués aux poubelles de l’Histoire.

  

Seyed Abbas Araghchi,

On dit aux Américains qu’ils devront payer le prix exorbitant de cette guerre de choix contre l’Iran.

Pour l’instant, mettez de côté la hausse du prix de l’essence et la bulle du marché boursier. La véritable douleur commencera lorsque la dette américaine et les taux des prêts immobiliers commenceront à s’envoler. Déjà aujourd’hui, le taux de défaut de remboursement des prêts automobiles a atteint son niveau le plus élevé depuis plus de 30 ans. Tout cela aurait pu être évité.


Esmail Baqaei, porte‑parole du ministère des Affaires étrangères

Il semble que le prochain grand mensonge qu’ils cherchent à utiliser pour justifier leur guerre illégale et de choix contre l’Iran soit la prétendue «préservation de la paix et de la stabilité du marché mondial de l’énergie».

Mais dans le monde réel, c’est cette politique belliciste et irresponsable des régimes américain et israélien qui a détruit des processus diplomatiques pourtant en bonne voie et qui, par une agression militaire injustifiée contre l’Iran, a provoqué l’insécurité des routes vitales de l’énergie. Et aujourd’hui, en reprenant la méthode de Goebbels — qui disait : « Accusez les autres de ce que vous êtes vous-mêmes en train de faire » — ils accusent l’Iran de déstabiliser le marché énergétique.
C’est leur schéma familier et funeste : ils créent d’abord la crise et la guerre, puis, sous prétexte de « rétablir la stabilité » et de « défendre la paix », ils attisent davantage les flammes du conflit.
Il y a près de 2000 ans, l’historien romain Tacite écrivait dans Agricola, au nom des critiques de l’Empire romain : « Ils créent un désert et ils appellent cela la paix ».

 

2.       Crise dans le détroit d’Ormuz et dans la région

 

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie

Les réserves commerciales de pétrole diminuent rapidement en raison de la guerre en Iran et de la fermeture du détroit d’Hormuz, et il ne reste plus que quelques semaines avant l’apparition de pénuries. Les pays ont jusqu’à présent injecté quotidiennement 2,5 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques sur le marché, mais ces réserves sont limitées, tandis que la demande saisonnière de gazole, d’engrais chimiques, de carburant aérien et d’essence accélérera encore davantage la diminution des stocks.
Le marché pétrolier, qui devait auparavant connaître une situation d’excédent d’offre, est désormais entré dans une situation de déficit : les stocks pétroliers ont diminué de 246 millions de barils en mars et avril, et l’on prévoit que l’offre mondiale de pétrole reculera de 3,9 millions de barils par jour en 2026 ; un chiffre largement supérieur aux estimations précédentes.

 

Le porte-parole en chef des forces armées, en réponse aux questions des journalistes concernant les menaces répétées du président américain contre l’Iran

La répétition de toute nouvelle folie visant à compenser le déshonneur des États-Unis dans la troisième guerre imposée contre l’Iran n’aura d’autre conséquence pour ce pays que de recevoir des frappes encore plus sévères et plus puissantes.

Le président américain, en situation d’impuissance, doit savoir qu’en cas de concrétisation de ses menaces et d’une nouvelle agression contre l’Iran islamique, les avoirs et l’armée en déliquescence de ce pays seront confrontés à des scénarios nouveaux, offensifs, surprenants et dévastateurs, et qu’ils s’enfonceront dans un bourbier auto-créé, conséquence des politiques aventureuses de ce même président.


Le coordinateur adjoint de l’armée de l’air de l’armée

Que ce soit durant la « Défense sacrée de 12 jours » ou lors de la « troisième guerre imposée », l’ensemble des forces armées a joué son rôle grâce à une synergie d’action, conformément aux directives de l’état-major général et aux missions définies par le quartier général central Khatam al-Anbiya.
L’armée de l’air a également accompli l’ensemble des missions qui lui avaient été confiées dans toutes leurs dimensions et, à l’avenir également, conformément au rôle qui lui sera défini par le quartier général central Khatam al-Anbiya (psl) et le commandement de l’armée, elle interviendra chaque fois que nécessaire et exécutera ses missions de la meilleure manière possible.

 

 Le compte officiel de la gestion de la voie navigable du golfe Persique a été lancé sur le réseau X.

https://x.com/PGSA_IRAN

  

3.       Actions provocatrices

 

Trump sur Truth Social


« C’était le calme avant la tempête. »

  

Axios, citant un responsable américain

Nous ne faisons pas vraiment beaucoup de progrès. Aujourd’hui, nous sommes à un moment très critique. Il est temps que les Iraniens montrent un peu de flexibilité. Nous avons besoin d’une discussion réelle, sérieuse et détaillée [sur le programme nucléaire]. Si cela ne doit pas se produire, alors nous dialoguerons par les bombes, ce qui serait regrettable. L’Iran a présenté une proposition actualisée d’accord visant à mettre fin à la guerre, mais la Maison Blanche estime que cette proposition ne constitue pas une amélioration significative et qu’elle n’est pas suffisante pour parvenir à un accord.

 

 Trump sur Truth Social

« Pour l’Iran, l’horloge tourne et ils feraient mieux d’agir très rapidement, sinon il ne restera plus rien d’eux. Le temps est essentiel. »

   

Allégation de la chaîne israélienne Channel 12 : Trump prendra bientôt une décision concernant l’Iran.

Alors qu’Israël cherche à intensifier les tensions régionales contre l’Iran durant les jours de cessez-le-feu entre Téhéran et Washington, Tel-Aviv affirme que Trump prendra une décision concernant l’Iran dans les prochains jours. Selon des évaluations internes israéliennes, si les États-Unis entreprennent une action contre l’Iran, l’un des objectifs de Téhéran en réponse à une attaque de Washington serait la Palestine occupée ; c’est pourquoi le niveau d’alerte de l’armée de ce régime a été renforcé.


Le Commandement central de l’armée américaine (CENTCOM) a affirmé dans un communiqué avoir, depuis le début du blocus maritime des ports iraniens, détourné la route de 78 navires commerciaux et neutralisé 4 navires.


Des médias israéliens, notamment Maariv et Channel 13, citant des sources sécuritaires anonymes, ont rapporté que l’armée israélienne examine actuellement l’option d’étendre les attaques contre les infrastructures vitales iraniennes, notamment les installations énergétiques, les ports et les réseaux logistiques ; une mesure qui, selon ces sources, viserait à modifier le « rapport de force » et à accroître la pression économique sur Téhéran.

 

 4.       Pertes humaines et dégâts matériels

Le Croissant-Rouge

Nous avions huit conteneurs de fournitures nécessaires à la production de filtres d’hémodialyse à bord du navire Touska, qui ont été saisis par l’ennemi. Cette situation compliquera notre production d’équipements destinés aux patients dialysés.


Le vice-ministre du Patrimoine culturel

Les dégâts causés par la guerre au manoir « Mochir Divan » au Kurdistan sont importants. Des mesures d’urgence et des travaux de stabilisation préliminaire ont été engagés sur les bâtiments.

 

Le président du groupe parlementaire du tourisme

Au cours des récentes attaques, plus de 140 monuments historiques à travers le pays ont été endommagés, incluant des édifices allant de la période achéménide jusqu’aux œuvres de l’époque islamique.

 

5. Solidarité avec l’Iran

 

Le Kazakhstan a envoyé 30 wagons d’aide humanitaire à l’Iran

Dans le cadre de la coopération humanitaire et sur instruction du président kazakh, le Kazakhstan a envoyé une cargaison d’aide humanitaire à la République islamique d’Iran. Cette aide a été remise à l’Iran le 16 mai 2026 par l’Agence kazakhe de développement international (KazAID), en coopération avec le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Situations d’urgence et le ministère de la Santé du Kazakhstan.


Solidarité avec l’Iran à Paris

Le samedi 16 mai 2026, un rassemblement contre la guerre en soutien à l’Iran s’est tenu à Paris.

  

6. Lutte contre la propagande, la guerre psychologique, les mensonges et les tentatives de manipulation de l’opinion publique

 

TankerTrackers
Kharg dispose toujours de capacités de stockage. En réalité, de nombreux pétroliers vides sont capables de charger dans la zone du blocus maritime américain. Cependant, l’Iran a déjà réduit sa production pétrolière afin de l’adapter à la consommation intérieure ainsi qu’à une partie des réserves terrestres. Pour l’instant, la situation du stockage ne semble pas critique.

Reuters
La stratégie géopolitique du « brinkmanship » de Donald Trump, fondée sur la pression maximale, les menaces publiques et les ultimatums, a atteint ses limites dans le dossier iranien et commence à se retourner contre lui. Selon les analystes cités, ce style de diplomatie coercitive, qui avait parfois permis à Trump d’obtenir des concessions sur les droits de douane ou d’autres dossiers, n’a produit aucune avancée face à Téhéran ; au contraire, l’Iran a maintenu sa position, exploité sa capacité de perturbation — notamment par la fermeture du détroit d’Hormuz — et transformé le simple fait de résister aux attaques américaines et israéliennes en une « victoire » symbolique.
Trump cherche simultanément à sortir rapidement de cette guerre impopulaire aux États-Unis, à la présenter comme un succès total et, dans le même temps, à exiger une forme de capitulation de l’Iran ; une situation qui rend tout compromis réaliste extrêmement improbable. Les déclarations excessives de Trump, allant de menaces de « destruction de la civilisation » iranienne jusqu’à des propos interprétés comme des menaces nucléaires, ainsi que ses insultes répétées envers les dirigeants iraniens, ont affaibli la crédibilité de ses messages et renforcé la méfiance de Téhéran ; d’autant plus que certaines de ces déclarations sont publiées de manière improvisée sur les réseaux sociaux et ne s’inscrivent dans aucune stratégie officielle de sécurité nationale.
D’anciens négociateurs américains tels que Robert Malley et Dennis Ross, ainsi que des experts comme Trita Parsi, expliquent que cette approche ignore la culture politique iranienne, l’importance de la « préservation de la dignité » et la résilience structurelle du système. Toutefois, malgré les pressions internes — notamment la hausse du prix de l’essence, l’impopularité de la guerre et les critiques de certaines personnalités proches de Trump — la Maison Blanche ne semble pas prête à modérer sérieusement le ton du président ; une situation qui alimente la poursuite de l’impasse.


Le magazine économique Fortune

Dans un entretien accordé à Fortune, Donald Trump affirme que l’Iran est « extrêmement désireux de signer » un accord de cessez-le-feu, tout en prolongeant simultanément les négociations par des manœuvres dilatoires. Selon Trump, l’Iran parvient en coulisses à des compromis avec les États-Unis, mais envoie ensuite des propositions écrites qui, d’après lui, ne correspondent plus à ce qui avait été discuté auparavant. Il souligne que les États-Unis ne renonceront pas à leur objectif d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et laisse entendre que, si les négociations échouent, il est prêt à revenir à une politique de pression militaire accrue ; tout en espérant encore éviter une escalade incontrôlée qui provoquerait une nouvelle flambée des prix de l’énergie.

 

7. Situation du marché de l’Energie

 

Au cours des 48 dernières heures, l’intensification des tensions dans le golfe Persique et autour du détroit d’Hormuz, combinée à des messages virulents et parfois contradictoires émanant de Washington, a fortement aggravé le climat psychologique sur les marchés de l’énergie. Les opérateurs des marchés du pétrole, du gaz et du carburant aérien interprètent ces évolutions comme le signe d’une persistance de l’incertitude et d’un risque accru de perturbation durable des exportations énergétiques de la région. Lors des échanges d’aujourd’hui, le prix du Brent s’est stabilisé au-dessus de la barre des 100 dollars et évolue autour de 110 dollars le baril, tandis que le WTI se situe légèrement en dessous, dans une fourchette proche de 105 dollars. Bien que ces niveaux restent quelque peu inférieurs aux sommets enregistrés au début de la crise d’Hormuz et de la récente guerre régionale, ils demeurent nettement supérieurs à la moyenne des dernières années, ce qui montre que la prime de risque géopolitique continue de dominer les prix. Les estimations des médias et des banques d’investissement occidentales font état d’une hausse cumulée des prix du pétrole d’environ 25 à 30 % depuis le début de la crise.

 

Sur le marché du gaz naturel, l’indice européen de référence (TTF) se maintient à un niveau nettement supérieur à celui du début de l’année, une grande partie de cette hausse étant attribuée à la combinaison du risque géopolitique dans le golfe Persique, des limitations de l’offre de GNL et de la baisse des niveaux de stockage saisonniers en Europe. Les contrats à terme sur le gaz montrent également que le marché intègre désormais un scénario de prix élevés pour les mois à venir, et qu’une détente notable ne pourrait intervenir qu’en cas de signaux politiques clairs indiquant une désescalade à Hormuz.

Sur le plan physique, il convient de rappeler qu’environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et une part significative des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL) dépendent du passage sécurisé par le détroit d’Hormuz. Ces derniers jours, plusieurs rapports ont fait état de ralentissements dans le transit des pétroliers, de l’obligation de détourner certaines cargaisons et d’une hausse des coûts de transport ; des facteurs qui affectent à la fois le coût final pour les importateurs en Asie et en Europe, ainsi que les marges des raffineries et des sociétés de distribution.

Sur le marché des produits raffinés, notamment le fioul lourd, le gazole et le carburant aérien (kérosène), la pression sur les prix est double : d’une part le risque pesant sur l’offre dans le golfe Persique et d’autre part la hausse saisonnière de la demande. Des rapports analytiques émanant de centres financiers occidentaux montrent que la prime sur le carburant aérien par rapport au brut s’est accrue, les compagnies aériennes et les fournisseurs de carburant ayant anticipé une partie de leurs achats à l’approche de la haute saison estivale des voyages, créant ainsi une vague de demande de précaution.

 

Les déclarations du président américain au cours des dernières semaines, et plus particulièrement à la fin du mois de mars, demeurent présentes dans l’esprit des opérateurs. À cette époque, lorsqu’il avait déclaré en substance que les pays dépendants d’Hormuz devaient eux-mêmes assumer la responsabilité de leur approvisionnement pétrolier et que les États-Unis n’avaient plus l’intention de supporter les coûts de leur sécurité, il avait de fait envoyé le message que Washington était prêt à tolérer une période plus longue de perturbation des exportations régionales. Dans les médias anglophones, cette position a été interprétée comme un transfert partiel du fardeau du risque des États-Unis vers leurs alliés, une perception qui continue aujourd’hui encore d’influencer la réaction des marchés à chaque nouvelle concernant Hormuz. Au cours des dernières 24 heures, tout durcissement du ton à Washington — qu’il s’agisse de menaces de nouvelles frappes contre les infrastructures iraniennes ou d’insistance sur la nécessité d’un « durcissement » du contrôle dans le passage d’Hormuz — s’est immédiatement répercuté sur les marchés à terme et a accentué la volatilité des prix. Même les rumeurs de réunions potentielles ou de canaux de médiation n’ont entraîné qu’une réduction temporaire et limitée de la prime de risque, sans parvenir à inverser la tendance générale du marché.

Du point de vue des prévisions, des institutions de référence telles que l’Energy Information Administration américaine ainsi que de nombreuses banques d’investissement internationales fondent leur scénario central sur l’hypothèse que le prix du Brent restera, sur un horizon d’un an, dans une fourchette moyenne supérieure à 90–100 dollars. Dans les scénarios plus pessimistes, où les perturbations dans le détroit d’Hormuz se prolongeraient ou où de nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières et gazières surviendraient, certains analystes estiment possible que la moyenne saisonnière du Brent atteigne des niveaux proches de 115 à 120 dollars dans les mois à venir, tout en classant cette hypothèse comme un scénario de risque haussier et non comme le scénario de base.


À l’inverse, certaines analyses envisagent des scénarios plus optimistes selon lesquels, si les tensions diminuent dans les semaines à venir, si la navigation à Hormuz revient durablement à la normale et si des capacités alternatives d’approvisionnement sont activées, le Brent pourrait revenir dans une fourchette proche de 80 à 90 dollars au second semestre de l’année. Toutefois, la plupart des rapports soulignent que même dans cette hypothèse, le risque de retour périodique des tensions et de flambées ponctuelles des prix demeurera élevé.


En conclusion, l’analyse dominante dans les médias et sur les marchés anglophones est que, à court terme, le marché de l’énergie est entré dans une phase de « pétrole cher accompagné d’une forte volatilité » et que, tant qu’un cadre durable de sécurité de la navigation dans le golfe Persique et le détroit d’Hormuz ne sera pas mis en place, la prime géopolitique ne disparaîtra pas des prix du pétrole, du gaz et des produits stratégiques tels que le kérosène. Pour les décideurs et les acteurs économiques, cela signifie qu’il devient nécessaire de planifier sur la base de scénarios où des prix du pétrole à trois chiffres et des coûts énergétiques durablement plus élevés ne constituent plus une exception, mais une nouvelle réalité du marché pour au moins un à deux ans.

 

8. Efforts diplomatiques

 

Dr Pezeshkian lors de sa rencontre avec le ministre de l’Intérieur du Pakistan

Les ennemis tentaient, à travers un soutien financier, sécuritaire et militaire à des groupes terroristes, de transférer l’insécurité à l’intérieur du pays. Cependant, la coopération et le sens des responsabilités des voisins de l’Iran pour empêcher toute utilisation de leur territoire contre notre pays ont constitué une démarche précieuse et digne d’appréciation. Dans ce cadre, je remercie sincèrement les gouvernements du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Irak, qui n’ont pas permis que leur territoire soit utilisé contre la République islamique d’Iran.


Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, lors de sa rencontre avec le ministre de l’Intérieur du Pakistan

– Nous remercions le peuple et le gouvernement du Pakistan pour leur soutien et leur coopération envers la République islamique d’Iran durant la récente grande guerre ; le peuple iranien et les responsables du pays comprennent pleinement les soutiens du gouvernement pakistanais, et le Guide suprême de la Révolution a lui-même accordé une attention particulière au Pakistan dans son premier message.

– La récente guerre imposée contre l’Iran a montré que les États-Unis et le régime sioniste n’apportent aux peuples et aux pays de notre région que le mal et l’insécurité. Certains gouvernements de la région pensaient que la présence américaine leur garantissait la sécurité, mais les récents événements ont démontré que cette présence n’est pas seulement incapable d’assurer la sécurité, mais qu’elle crée également les conditions de l’insécurité.

– Le moyen de neutraliser cette situation consiste pour les pays de la région à instaurer, par la confiance et la coopération mutuelles, les conditions nécessaires au développement des relations économiques ainsi qu’aux coopérations politiques et sécuritaires.


Seyed Mohsen Naqvi, ministre de l’Intérieur du Pakistan

– Nous avons été témoins de votre fermeté lors des négociations d’Islamabad dans la défense des intérêts nationaux de l’Iran, tout en cherchant à résoudre les problèmes.

– Les peuples de nos deux pays étaient déjà proches auparavant, mais ils le sont désormais encore davantage, et j’ai le sentiment que les deux peuples s’apprécient réellement ; les Pakistanais prient jour et nuit pour le succès du gouvernement et du peuple iranien.

– À l’heure actuelle, la responsabilité la plus difficile vous a été confiée ; à Islamabad, nous avons constaté que vous avez défendu les intérêts nationaux de l’Iran dans les négociations tout en œuvrant à la résolution des problèmes.

– J’espère que le Pakistan pourra mener les négociations à leur terme.


Rencontre de Seyed Abbas Araghchi avec le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Inde

Lors d’un échange constructif avec le Dr Subrahmanyam Jaishankar sur les évolutions régionales, il a été souligné que l’Iran assumera toujours son devoir historique en tant que garant de la sécurité dans le détroit d’Hormuz. L’Iran est un partenaire fiable pour tous les pays amis, et ceux-ci peuvent avoir confiance dans la sécurité de leur commerce et de leur transport maritime.

  
Entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran et de la Turquie

Lors de l’entretien téléphonique entre Seyed Abbas Araghchi et Hakan Fidan, les deux parties ont échangé leurs points de vue sur les derniers développements diplomatiques en cours et les évolutions régionales.

  

Entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran et de la Corée du Sud

Les deux parties, rappelant l’historique des bonnes relations entre les deux pays, ont souligné l’importance d’une vision tournée vers l’avenir afin de développer davantage leurs relations bilatérales. Le ministre des Affaires étrangères, en exposant la situation actuelle dans la région du golfe Persique et du détroit d’Hormuz, a souligné que l’insécurité imposée à la région et ses conséquences mondiales résultent de l’agression des États-Unis et du régime sioniste contre l’Iran, et que ceux-ci doivent être tenus responsables par la communauté internationale pour ces violations du droit et les crimes commis.

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, réaffirmant la position de son pays en faveur de la sécurité et de la sûreté de la navigation maritime dans la région et dans le monde, a exprimé l’espoir que les processus diplomatiques aboutissent le plus rapidement possible.


Entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran et du Qatar

Lors d’un entretien téléphonique avec le cheikh Mohammed ben Abdulrahmane Al Thani, Seyed Abbas Araghchi a échangé avec lui ses points de vue sur les derniers développements régionaux.

                    
Entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran et de la France

Seyed Abbas Araghchi et Jean-Noël Barrot ont, lors d’un entretien téléphonique, procédé à des consultations et à un échange de vues sur les questions bilatérales, les derniers développements régionaux et les processus diplomatiques en cours.


Entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran et de l’Arabie saoudite

Seyed Abbas Araghchi et Fayçal ben Farhane ont, lors d’un entretien téléphonique, discuté et échangé leurs points de vue sur les sujets liés au processus diplomatique en cours et aux derniers développements régionaux.

 

 

 

Service de la diplomatie publique

 Ambassade de la R. I. d'Iran en France

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